{"id":3596,"date":"2022-01-28T07:35:20","date_gmt":"2022-01-28T06:35:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.armanami.org\/blog\/?p=3596"},"modified":"2022-01-30T14:23:12","modified_gmt":"2022-01-30T13:23:12","slug":"reponse-a-la-recension-critique-de-n-trifon-par-v-cretulescu","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.armanami.org\/blog\/reponse-a-la-recension-critique-de-n-trifon-par-v-cretulescu\/","title":{"rendered":"Les explications de  V. Cre\u021bulescu"},"content":{"rendered":"\n<p>La chronique de N. Trifon intitul\u00e9e \u00ab\u00a0L\u2019ethnicit\u00e9 aroumaine est-elle soluble dans la nationalit\u00e9 roumaine\u00a0?\u00a0\u00bb est parue dans le <em>Courrier des Balkans<\/em> d\u00e9but janvier 2021 au moment de l\u2019apparition du livre\u00a0<em>\u00a0Ethnicit\u00e9 aroumaine, nationalit\u00e9 roumaine<\/em><sup>\u00a0<\/sup>: <em>la construction discursive d\u2019une identit\u00e9 nationale (1770-1878)<\/em> de V. Cretulescu. Ce livre est issu d\u2019une th\u00e8se de doctorat sur\u00a0\u00a0\u00ab<em>\u00a0<\/em>le discours identitaire aroumain-roumain (\u00e0 savoir, celui qui con\u00e7oit les Aroumains en tant que membres du peuple roumain\u00a0\u00bb.\u00a0Invoquant le droit de r\u00e9ponse l&#8217;auteur a envoy\u00e9 le texte que voici\u00a0au CdB que nous reprenons \u00e0 notre tour :<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je m\u2019appelle Vladimir Cre\u021bulescu, et je vous \u00e9cris au propos de la recension critique de mon livre (<em>Ethnicit\u00e9 aroumaine, nationalit\u00e9 roumaine<\/em>) que M. Nicolas Trifon a publi\u00e9 sur le site Internet \u00ab&nbsp;Le Courrier des Balkans&nbsp;\u00bb, le 4 janvier 2022 (voici le lien&nbsp;:&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.courrierdesbalkans.fr\/L-ethnicite-aroumaine-est-elle-soluble-dans-la-nationalite-roumaine\" target=\"_blank\">https:\/\/www.courrierdesbalkans.fr\/L-ethnicite-aroumaine-est-elle-soluble-dans-la-nationalite-roumaine<\/a>&nbsp;).Puisque les avis exprim\u00e9s par M. Trifon sur mon ouvrage furent assez n\u00e9gatifs, j\u2019invoque mon droit de r\u00e9ponse, dont je b\u00e9n\u00e9ficie sur la base de l\u2019article 13 de la&nbsp;<em>Loi sur la libert\u00e9 de la presse<\/em>&nbsp;du 29 juillet 1881, avec&nbsp;l\u2019extension de ses principes aux publications sur l\u2019Internet, en vertu de l\u2019article 6 IV de la loi no. 2004-575 du 21 juin 2004<a href=\"applewebdata:\/\/6D54ECBF-A670-43FB-8D5C-EAA47883133A#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. C&#8217;est d\u00e9sormais chose faite, le Courrier des Balkans vient de le publier, le voici.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"v-cre\u021bulescu-reponse-a-la-recension-critique-de-n-trifon\">V. Cre\u021bulescu : R\u00e9ponse \u00e0 la recension critique de N. Trifon<\/h2>\n\n\n\n<p>Lorsque j\u2019ai lu la recension faite par Nicolas Trifon \u00e0 propos de mon ouvrage paru en d\u00e9cembre dernier chez L\u2019Harmattan, et intitul\u00e9&nbsp;<em>Ethnicit\u00e9 aroumaine, nationalit\u00e9 roumaine&nbsp;: La construction discursive d\u2019une identit\u00e9 nationale (1770-1878)<\/em>&nbsp;<strong>[1]<\/strong>, dans un premier abord, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 enchant\u00e9&nbsp;par l\u2019int\u00e9r\u00eat que M. Trifon pr\u00eate \u00e0 mon travail. Mais, en lisant attentivement son texte, paru le 6 janvier dans&nbsp;<em>Le Courrier des Balkans<\/em>&nbsp;n<sup>o&nbsp;<\/sup>1783&nbsp;<strong>[2]<\/strong>, j\u2019ai constat\u00e9 qu\u2019il n\u2019a pas compris l\u2019essentiel de ma d\u00e9marche th\u00e9orique. De plus, m\u00eame sur le plan empirique, ses critiques sont ou superficielles, ou mal fond\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Trifon m\u2019accuse de surench\u00e8re ou m\u00e9sinterpr\u00e9tation des sources&nbsp;; je vais confronter, donc, ces reproches (assez vagues, d\u2019ailleurs), au t\u00e9moignage concret et direct des sources m\u00eames. M. Trifon m\u2019accuse d\u2019avoir compl\u00e8tement n\u00e9glig\u00e9 de contextualiser lesdites sources. Pourtant j\u2019ai d\u00e9di\u00e9 deux sous-chapitres entiers \u00e0 la seule contextualisation des sources \u00e9tudi\u00e9es pour la p\u00e9riode 1770-1830&nbsp;<strong>[3]<\/strong>. Enfin, M. Trifon m\u2019accuse de m\u2019\u00eatre \u00e9gar\u00e9 par rapport aux \u00ab&nbsp;faits historiques&nbsp;\u00bb. Mais il ne d\u00e9veloppe point ce sujet, ni de pr\u00e8s ni de loin&nbsp;: de quels faits historiques s\u2019agirait-il&nbsp;?&nbsp;&nbsp;Bien que je sois historien, je ne suis pas en mesure d\u2019\u00e9lucider ce myst\u00e8re \u2013 mes capacit\u00e9s divinatoires sont limit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019identit\u00e9 aroumaine-roumaine, je vais montrer qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un discours invent\u00e9&nbsp;<em>de toutes pi\u00e8ces<\/em>&nbsp;apr\u00e8s 1830, \u00e0 partir d\u2019 \u00ab&nbsp;&#8220;\u00e9l\u00e9ments de langage&#8221; esquiss\u00e9s par les quarante-huitards valaques et moldaves&nbsp;\u00bb, comme le pense M. Trifon. En ce qui suit, je vais d\u00e9montrer que l\u2019identit\u00e9 nationale roumaine des Aroumains est une construction discursive dont t\u00e9moignent, et \u00e0 laquelle participent, plusieurs intellectuels aroumains, comme par exemple C.H. Gehani (1773), G.C. Roja (1808, 1809) et M. Boiagi (1813). En fait, il s\u2019agit d\u2019un discours identitaire&nbsp;<em>d\u2019origine aroumaine<\/em>. L\u2019\u00e9lite intellectuelle moldo-valaque des \u00ab&nbsp;quarante-huitards&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>[4]<\/strong>&nbsp;ne s\u2019y rattache qu\u2019apr\u00e8s 1830, en pr\u00eatant sa contribution id\u00e9ologique, et ensuite son appui politique, \u00e0 un discours d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9 (voir pp. 145-209 de mon livre). D\u2019ailleurs, c\u2019est pour mettre en exergue ce d\u00e9veloppement collaboratif \u2013&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u0153uvr\u00e9 avec la contribution successive d\u2019\u00e9lites aroumaines, puis roumaines \u2013, que j\u2019ai choisi de nommer mon objet d\u2019\u00e9tude \u00ab&nbsp;le discours aroumain-roumain&nbsp;\u00bb, en d\u00e9veloppant un concept lanc\u00e9 par Thede Kahl (voir p. 31-32 de mon livre).<\/p>\n\n\n\n<p>Puisque ce n\u2019est pas la place ici de d\u00e9ferler un d\u00e9bat en d\u00e9tail sur les diverses probl\u00e9matiques de la \u00ab&nbsp;question Aroumaine&nbsp;\u00bb (la controverse sur les origines des Aroumains, le d\u00e9bat \u2018langue vs. dialecte\u2019 concernant leur idiome, etc. \u2013 des questions qui ne font, d\u2019ailleurs, pas l\u2019objet de mon livre), je vais me r\u00e9sumer \u00e0 r\u00e9pondre seulement aux critiques centrales soulev\u00e9es par M. Trifon. Je vais commencer avec la fin, pour ainsi dire, en m\u2019attaquant \u00e0 ses conclusions&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le probl\u00e8me est que chez cet auteur \u2013 dit-il \u00e0 mon propos \u2013 le processus discursif est fauss\u00e9 pour ce qui est de la p\u00e9riode 1770-1830. Les explications qu\u2019il fournit sont par cons\u00e9quent fausses puisque fond\u00e9es essentiellement sur les &#8220;\u00e9l\u00e9ments de langage&#8221; esquiss\u00e9s par les quarante-huitards valaques et moldaves, des &#8220;\u00e9l\u00e9ments de langage&#8221; qui seront repris en Roumanie par ceux qui se pr\u00e9sentent jusqu\u2019\u00e0 nos jours comme les gardiens de la \u00ab&nbsp;tradition&nbsp;\u00bb. C\u2019est la principale objection que l\u2019on peut soulever.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Donc selon M. Trifon, ma description du&nbsp;<em>processus discursif<\/em>&nbsp;(en occurrence, aroumain-roumain) serait fauss\u00e9e, puisque mes explications sont fond\u00e9es sur des &#8220;<em>\u00e9l\u00e9ments de langage<\/em>&#8220;. Cette critique, caract\u00e9ris\u00e9e par M. Trifon lui-m\u00eame comme&nbsp;\u00ab&nbsp;la principale objection que l\u2019on peut soulever&nbsp;\u00bb, demontre que le recenseur a manqu\u00e9 de comprendre l\u2019essentiel m\u00eame de ma d\u00e9marche. Car, en fait, la question de recherche que je me suis propos\u00e9 d\u2019\u00e9claircir dans mon ouvrage fut:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Comment s\u2019est constitu\u00e9 et developp\u00e9 le discours identitaire aroumain-roumain, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance roumaine?&nbsp;\u00bb&nbsp;(p. 32 de mon ouvrage)<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019essentiel de ma d\u00e9marche porte donc pr\u00e9cis\u00e9ment sur l\u2019\u00e9volution de ce que M. Trifon appelle, non sans une note malicieuse, des&nbsp;<em>\u00e9l\u00e9ments de langage.<\/em>&nbsp;En effet, j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9&nbsp;<em>une mani\u00e8re de parler sur les Aroumains<\/em>, promue par un certain&nbsp;<em>discours<\/em>&nbsp;identitaire. Ce faisant, je me suis situ\u00e9 dans la tradition acad\u00e9mique du tournant linguistique (<em>linguistic turn<\/em>)&nbsp;<strong>[5]<\/strong>dans les sciences sociales, dont la perspective th\u00e9orique \u00ab&nbsp;appr\u00e9hende les identit\u00e9s collectives non pas comme des objets fixes \u00e0 d\u00e9crire, mais plut\u00f4t comme des processus discursifs \u00e0 expliquer&nbsp;\u00bb, et qui m\u2019a inspir\u00e9 \u00e0 interroger l\u2019identit\u00e9 aroumaine \u00ab&nbsp;comme \u00e9tant non pas une r\u00e9alit\u00e9 dure et in\u00e9luctable, mais un syst\u00e8me de repr\u00e9sentation, un assemblage d\u2019articulations discursives.&nbsp;\u00bb (p. 37 de mon livre).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;En fait, bien que M. Trifon appr\u00e9cie mon cadre th\u00e9orique comme constituant \u00ab&nbsp;la partie la plus passionnante du livre&nbsp;\u00bb, il semble avoir manqu\u00e9 les implications de mes choix th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques&nbsp;; et j\u2019en suis navr\u00e9, particuli\u00e8rement \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019effort que j\u2019ai d\u00e9pens\u00e9 \u00e0 expliquer et expliciter ces choix, et leur ad\u00e9quation \u00e0 mon objet de recherche (voir en particulier les pp. 27-32 et 35-39 de mon livre).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est int\u00e9ressant d\u2019observer que ce sont principalement les deux premi\u00e8res parties de ma recherche, traitant de la p\u00e9riode 1770-1830&nbsp;<strong>[6]<\/strong>, qui attirent la plupart des critiques \u2013 \u00ab&nbsp;le processus discursif est fauss\u00e9 pour ce qui est de la p\u00e9riode 1770-1830&nbsp;\u00bb, dit le recenseur. La troisi\u00e8me partie, recouvrant la p\u00e9riode 1830-1878&nbsp;<strong>[7]<\/strong>, avec l\u2019entr\u00e9e en sc\u00e8ne des \u00ab&nbsp;jeunes Moldaves et Valaques de la g\u00e9n\u00e9ration des r\u00e9volutionnaires de 1848&nbsp;\u00bb, rel\u00e8ve bien moins d\u2019objections&nbsp;: \u00ab&nbsp;Avec ces derniers, les choses sont relativement simples, leurs \u00e9crits \u00e9tant explicites&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise M. Trifon.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, ce qui semble vexer le recenseur est ma d\u00e9monstration de&nbsp;l\u2019existence d\u2019un filon identitaire roumain&nbsp;<em>endog\u00e8ne<\/em>, au sein de la communaut\u00e9 ethnique aroumaine, bien avant l\u2019intervention<em>&nbsp;exog\u00e8ne<\/em>&nbsp;de la propagande nationale roumaine, apr\u00e8s 1830 (ou pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, apr\u00e8s 1860).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De ce fait, pour ce qui est du discours identitaire aroumain-roumain entre 1770 et 1830, M. Trifon est impitoyable&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;A force de pr\u00e9suppositions et d\u2019extrapolations portant sur des diff\u00e9rends au sein par exemple de l\u2019\u00e9glise grecque et valaque de Pest au tout d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, il finit&nbsp;<em>mutatis mutandi[s]<\/em>&nbsp;par s\u2019\u00e9loigner non seulement des faits historiques mais aussi des interpr\u00e9tations sugg\u00e9r\u00e9es par les auteurs d\u2019origine aroumaine cit\u00e9es, pour mettre en avant l\u2019\u00ab&nbsp;id\u00e9e de l\u2019unit\u00e9 linguistique et ethno-nationale des Aroumains et de Roumains&nbsp;\u00bb (p. 110).&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ou encore&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019absence de toute tentative de contextualisation des sources utilis\u00e9es par V. Cre\u0163ulescu pour mettre en r\u00e9cit le \u00ab&nbsp;discours identitaire aroumain-roumain&nbsp;\u00bb et la propension de cet auteur \u00e0 \u00ab&nbsp;surinterpr\u00e9ter&nbsp;\u00bb font que ce discours se recoupe en fin de compte avec le discours roumain tout court, celui des essentialistes.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, je suis non seulement politologue, mais aussi (m\u00eame principalement&nbsp;!) historien, et ma th\u00e8se de doctorat \u2013 dont mon livre est la forme publi\u00e9e \u2013 est, en fait, une th\u00e8se en&nbsp;<em>histoire et&nbsp;<\/em>science politique&nbsp;<strong>(<\/strong>c\u2019est quelque chose que M. Trifon a myst\u00e9rieusement omis de pr\u00e9ciser dans sa recension). Dans ce contexte, les charges d\u2019\u00e9loignement par rapport aux faits historiques, d\u2019interpr\u00e9tation abusive, surinterpr\u00e9tation ou manque de contextualisation des sources historiques sont, vraiment, tr\u00e8s graves. Je vais leur r\u00e9pondre \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un historien&nbsp;: \u00e0 savoir, en confrontant ces accusations aux sources historiques m\u00eames qui sous-tendent et soutiennent mon argumentation, et que j\u2019ai suppos\u00e9ment m\u00e9sinterpr\u00e9t\u00e9es, \u00ab&nbsp;surinterpret\u00e9es&nbsp;\u00bb, etc.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je pr\u00e9cise que tous les extraits des sources \u00e0 suivre se trouvent cit\u00e9s explicitement dans mon livre, et que j\u2019ai mobilis\u00e9 ces citations afin de d\u00e9montrer la pr\u00e9sence d\u2019un discours identitaire roumain parmi les Aroumains, avant 1860&nbsp;; en fait, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment la partie de ma th\u00e8se dont la \u00ab&nbsp;d\u00e9monstration n\u2019est gu\u00e8re convaincante&nbsp;\u00bb, selon l\u2019avis de M. Trifon.<\/p>\n\n\n\n<p>Commen\u00e7ons avec le cas de l\u2019\u00e9glise grecque et valaque de Pest, \u00e9voqu\u00e9 par M. Trifon. Voici un extrait de la p\u00e9tition adress\u00e9e aux autorit\u00e9s autrichiennes, le 27 ao\u00fbt 1807, par les Aroumians (Valaques) qui faisaient partie de la paroisse en question&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;En effet il est incontestable que notre langue maternelle valachique dans laquelle on officie partout la Liturgie et les Services sacr\u00e9es, nous l\u2019avons en commun avec les autres sujets de cette nation du Royaume c\u00e9sarique.&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>[8]<\/strong>&nbsp;(p. 109 de mon ouvrage).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le contexte historique de l\u2019Empire des Habsbourg \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il est assez clair que la r\u00e9f\u00e9rence aux \u00ab&nbsp;autres sujets de cette nation&nbsp;\u00bb (valaque, implicitement) qui officiaient \u00ab&nbsp;partout la Liturgie et les Sevices sacr\u00e9es&nbsp;\u00bb dans leur langue valaque, visait les Roumains de Transylvanie. Ceux-ci avaient leur propre association culturelle nationale depuis 1795, et employaient le roumain dans le service religieux. Les Aroumains de Pest r\u00e9clament le m\u00eame privil\u00e8ge pour leur idiome aroumain, en assimilant \u2013 au moins discursivement \u2013 cet idiome \u00e0 la langue roumaine parl\u00e9e en Transylvanie (voir pp. 104-111 de mon livre, pour l\u2019explicitation d\u00e9taill\u00e9e du contexte historique et discursif en question).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci dit, on pourrait, pour l\u2019instant, soup\u00e7onner qu\u2019il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019une man\u0153uvre ponctuelle, op\u00e9r\u00e9e par des Aroumains pestois utilisant l\u2019association discursive aux Roumains transylvains afin de donner un plus de l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 leurs propres demandes ethno-nationales, dans un contexte pr\u00e9cis et strictement local. Pourtant, d\u2019autres sources aroumaines de la m\u00eame \u00e9poque et du m\u00eame espace sociopolitique (l\u2019Empire des Habsbourg) construisent l\u2019association discursive aroumaino-roumaine d\u2019une mani\u00e8re bien plus explicite, prononc\u00e9e et d\u00e9velopp\u00e9e. Cela situe la p\u00e9tition pestoise de 1807 dans un r\u00e9seau intertextuel bien plus ample, qui donne \u00e0 voir la strat\u00e9gie discursive d\u00e9ploy\u00e9e par une partie de la diaspore aroumaine d\u2019Europe centrale, visant une mise en convergence du discours identitaire aroumain avec l\u2019identit\u00e9 roumaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici, par exemple, ce qu&#8217; \u00e9crit en 1808 l\u2019aroumain pestois G. C. Roja, dans son premier livre, publi\u00e9 \u00e0 Pest, et intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Recherches sur les Roumains ou soi-disant Vlaques, qui habitent de l\u2019auter c\u00f4t\u00e9 du Danube&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le peuple, dans sa langue maternelle, emploie comme nom pour soi-m\u00eame le mot \u2018Romani\u2019, \u2018Ramani\u2019, qui diff\u00e8re seulement en prononciation, et qu\u2019il garde jusqu\u2019\u00e0 nos jours. [\u2026] Le nom de \u2018Romains\u2019 est aujourd\u2019hui propre \u00e0 ma nation aussi bien qu\u2019\u00e0 nos fr\u00e8res qui se trouvent en Transylvanie, Valachie et Banat [\u2026] cela explique notre descendance des Romains et les sonorit\u00e9s similaires avec la langue latine. \u00bb&nbsp;<strong>[9]<\/strong>&nbsp;(p. 123 de mon&nbsp;livre).<\/p>\n\n\n\n<p>Et encore le m\u00eame auteur, dans les pages du m\u00eame livre&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas mon but de parler des Roumains qui habitent en Transylvanie et en Valachie, mais je veux montrer en bref que ceux-ci sont nos fr\u00e8res, chose qui se voit premi\u00e8rement de leur nom, car ils s\u2019appellent, eux aussi, Romains&nbsp;; deuxi\u00e8mement, [\u00e7a se voit] de leur langue qui est une et la m\u00eame avec notre langue, bien que m\u00e9lang\u00e9e avec des mots slaves&nbsp;; n\u00e9anmoins, les deux branches s\u2019entendent r\u00e9ciproquement assez bien.&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>[10]<\/strong>&nbsp;(p. 126 de mon livre).<\/p>\n\n\n\n<p>Qui plus est, l\u2019id\u00e9e des rapports de parent\u00e9 et d\u2019unit\u00e9 linguistique suppos\u00e9s \u00e0 relier les Aroumains et les Roumains n\u2019est gu\u00e8re une nouveaut\u00e9 apparue dans la diaspore aroumaine&nbsp;<em>ex nihilo<\/em>, en 1808. En 1773, le savant errant Constantin Hagi Gehani, aroumain de Moscopolis, visite le professeur allemand Johann Thunmann, \u00e0 Halle. A cette occasion, Gehani informe Thunmann sur les Aroumains, lui disant, entre autres, que ceux-ci \u00ab&nbsp;parlent la m\u00eame langue que leurs fr\u00e8res de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du Danube, mais tr\u00e8s m\u00e9lang\u00e9e avec des mots grecs.&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>[11]&nbsp;<\/strong>(p. 81-82 de mon livre).<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, M. Trifon m\u2019accuse d\u2019avoir \u00ab&nbsp;surinterpret\u00e9&nbsp;\u00bb de tels passages, notamment en m\u2019\u00e9loignant \u00ab&nbsp;des interpr\u00e9tations sugg\u00e9r\u00e9es par les auteurs d\u2019origine aroumaine cit\u00e9es&nbsp;\u00bb. Pour ma part, je dirai que les propos exprim\u00e9s dans les fragments cit\u00e9s sont plut\u00f4t clairs et explicites, ne n\u00e9cessitant point de grands efforts herm\u00e9neutiques pour mettre \u00e0 jour les interpr\u00e9tations qu\u2019elles \u00ab&nbsp;sugg\u00e8rent&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, Roja n\u2019est pas isol\u00e9 dans sa plaidoirie pour la fraternit\u00e9 ethnoculturelle aroumaino-roumaine&nbsp;: les noms des 200 parrains Aroumains list\u00e9s \u00e0 la fin de son premier livre \u2013 ceux ayant financ\u00e9 la publication du tome (voir p. 127-128 de mon ouvrage) \u2013 d\u00e9montrent que les propos de cet auteur expriment les avis et aspirations d\u2019une partie consistante de la diaspora Aroumaine central-Europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les options identitaires de Roja ne sont pas encore assez claires, notons que le titre de son second livre,&nbsp;publi\u00e9 \u00e0 Buda en 1809, exprime tout un programme culturel&nbsp;: \u00ab&nbsp;La ma\u00eetrise de la lecture roumaine avec des lettres latines, qui sont les lettres anciennes des Roumains, pour le polissage de tout le peuple Roumain de ce c\u00f4t\u00e9 et de l\u2019autre du Danube&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>[12]<\/strong>. En fait il s\u2019agit d\u2019un trait\u00e9 de grammaire, dont le but, d\u00e9clar\u00e9 dans son titre m\u00eame, est de parachever une langue litt\u00e9raire unique, vou\u00e9e \u00e0 l\u2019usage de \u00ab&nbsp;tout le peuple roumain&nbsp;\u00bb, \u00e0 savoir des Aroumains (dont le foyer ancestral se trouve au Sud du Danube), comme des Roumains (qui habitent au Nord du grand fleuve). A cette fin, l\u2019auteur estime n\u00e9cessaire de \u00ab&nbsp;bannir de notre langue tous les mots \u00e9trangers et mettre \u00e0 leur place d\u2019autres [mots] roumains inalt\u00e9r\u00e9s, qui sont parsem\u00e9s dans les dialectes d\u00e9sunis du m\u00eame peuple roumain&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>[13]<\/strong>&nbsp;(voir pp. 128-133 de mon livre).<\/p>\n\n\n\n<p>Les efforts grammairiennes de Roja sont miroit\u00e9s par un autre Aroumain, Mihail Boiagi, qui publie en 1813, \u00e0 Vienne, sa \u00ab&nbsp;Grammaire Roumaine ou Mac\u00e9donovlaque&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>[14]<\/strong>. L\u2019adh\u00e9sion de cet auteur au discours identitaire aroumain-roumain est consid\u00e9rablement moins explicite que dans le cas de Roja&nbsp;: ici il est vraiment question de suivre une ligne d\u2019interpr\u00e9tation sugg\u00e9r\u00e9e (plut\u00f4t qu\u2019affirm\u00e9e) par l\u2019auteur en question. Voici donc un passage suggestif&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;Notre langue valaque, qui est parl\u00e9e par quatre millions d\u2019\u00e2mes, mais [trop] politiquement parsem\u00e9s pour pouvoir s\u2019unir dans un tout important (par comparaison, comme les Hongrois sont unis dans leurs deux ou trois millions&nbsp;!) et qui m\u00eame dans le pays, tellement heureux par nature, appel\u00e9 par ses habitants Valachie, [comme en Moldavie&nbsp;<strong>[15]<\/strong>[\u2026], a ses garanties les plus s\u00fbres dans ses s\u0153urs, les langues italienne, fran\u00e7aise, espagnole, pour voir ce qu\u2019elle-m\u00eame pourrait devenir lorsque le souci pour sa culture saisirait le peuple entier, de la couche la plus haute jusqu\u2019\u00e0 la plus basse&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>[16]<\/strong>&nbsp;(p. 137 de mon ouvrage)<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est pas excessif, ni abusif d\u2019inf\u00e9rer de ce passage que, selon Boiagi, \u00ab&nbsp;notre langue valaque&nbsp;\u00bb (la r\u00e9f\u00e9rence est \u00e0&nbsp;l\u2019idiome des Aroumains, dans ce contexte) \u00e9tait parl\u00e9e aussi en Valachie, \u00ab&nbsp;comme en Moldavie&nbsp;\u00bb, donc dans les Principaut\u00e9s roumaines du Nord du Danube&nbsp;; et que par cons\u00e9quent, les \u00ab&nbsp;quatre millions d\u2019\u00e2mes&nbsp;\u00bb \u00e9voqu\u00e9s par Boiagi r\u00e9unissaient la totalit\u00e9 des Roumains Nord-danubiens et Aroumains balkaniques, parleurs, \u00e0 son avis, de la m\u00eame langue maternelle valaque (litt\u00e9ralement, dans les mots de Boiagi&nbsp;:&nbsp;<em>walachische Muttersprache<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Conclusion<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois avoir d\u00e9montr\u00e9 que le discours identitaire aroumain-roumain n\u2019est pas une invention des r\u00e9volutionnaires roumains de 1848, comme le pense M. Trifon, mais une cr\u00e9ation aroumaine. Cette conclusion est soutenue,&nbsp;<em>clairement<\/em>&nbsp;et souvent&nbsp;<em>explicitement<\/em>, par des sources historiques peu nombreuses \u2013 c\u2019est vrai \u2013, mais tr\u00e8s \u00e9loquentes. En fait les \u00e9lites roumaines \u00ab&nbsp;quarante-huitardes&nbsp;\u00bb ne font que reprendre ce discours identitaire, qui constitue&nbsp;<em>l\u2019une des mani\u00e8res con\u00e7ues par les Aroumains eux-m\u00eames, pour penser et parler de leur propre identit\u00e9 ethnique<\/em>&nbsp;<strong>[17]<\/strong>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, M. Trifon m\u2019impute que, dans mon analyse, le discours aroumain-roumain \u00ab&nbsp;se recoupe en fin de compte avec le discours roumain tout court, celui des essentialistes.&nbsp;\u00bb&nbsp;; et ce reproche d\u00e9montre, \u00e0 lui seul, que le recenseur n\u2019a vraiment pas compris l\u2019essence de ma d\u00e9marche. Car en fait oui, c\u2019est exact&nbsp;: ce que M. Trifon appelle \u00ab&nbsp;discours roumain tout court&nbsp;\u00bb, et ce que j\u2019appelle \u00ab&nbsp;discours aroumain-roumain&nbsp;\u00bb\u2026 ce sont, en effet, exactement la m\u00eame chose \u2013 il s\u2019agit bien du seul objet de recherche de mon ouvrage. J\u2019en pr\u00e9f\u00e8re la d\u00e9signation de \u00ab&nbsp;discours aroumain-roumain&nbsp;\u00bb, en raison du fait que ce discours fut con\u00e7u par des Aroumains (bien que le recenseur refuse d\u2019accepter ses \u00e9videntes origines aroumaines), et ensuite repris et d\u00e9velopp\u00e9 par les Roumains.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019essentialisme \u00e9vident de ce discours identitaire (qui, dans sa forme parachev\u00e9e, postule que les Aroumains ont toujours \u00e9t\u00e9 et seront toujours, fondamentalement, des Roumains), j\u2019en ai bien pris mes distances, notamment en traitant mon objet de recherche&nbsp;<em>en tant que discours<\/em>, \u00e0 savoir \u00ab&nbsp;comme \u00e9tant non pas une r\u00e9alit\u00e9 dure et in\u00e9luctable, mais un syst\u00e8me de repr\u00e9sentation, un assemblage d\u2019articulations discursives.&nbsp;\u00bb (p. 37 de mon livre). M. Trifon semble, pourtant, avoir manqu\u00e9 d\u2019observer le non-essentialisme de ma d\u00e9marche. A-t-il, peut-\u00eatre, lu mon livre \u00e0 la lumi\u00e8re de ses propres partis pris essentialistes concernant l\u2019identit\u00e9 des Aroumains&nbsp;?&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Post scriptum&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les critiques secondaires de M. Trifon, il y en a une qui m\u2019a vraiment \u00e9tonn\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e9voquer&nbsp;\u00ab&nbsp;l\u2019existence d\u2019une ethnicit\u00e9 aroumaine bien d\u00e9finie d\u00e8s le Xe si\u00e8cle, au plus tard&nbsp;\u00bb (p. 51), n\u2019est pas sans soulever quelques objections de fond&nbsp;\u00bb, \u00e9crit le recenseur. Il d\u00e9veloppe ses objections sur ce point dans sa note no. 5, lorsqu\u2019il \u2018d\u00e9place\u2019 le point d\u2019origine de l\u2019ethnicit\u00e9 aroumaine au XXe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Trifon rejette donc mon assertion de l\u2019existence d\u2019une ethnicit\u00e9 aroumaine au Xe si\u00e8cle. Voil\u00e0, pourtant, ce qu\u2019il nous dit sur ce m\u00eame sujet, dans les pages de son&nbsp;<em>magnum opus<\/em>, intitul\u00e9&nbsp;<em>Les aroumains, un peuple qui s\u2019en va<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les Aroumains sont attest\u00e9s pour la premi\u00e8re fois dans les Balkans, sous le nom de Valaques, aux alentours de l\u2019an mille. [\u2026] La mention d\u2019un ethnonyme jusqu\u2019alors inconnu, celui de Valaque, appara\u00eet dans la charte sign\u00e9e en 980 par l\u2019empereur byzantin Basile II [\u2026] La charte de 980 conf\u00e8re le commandement des Valaques d\u2019Hellade \u00e0 Nikulitsas l\u2019Ancien, dont le petit-fils, le strat\u00e8ge (gouverneur) K\u00e9kavm\u00e9nos, se fera le chroniqueur \u2013 et pourfendeur \u2013 de la r\u00e9volte des Valaques contre Byzance de 1066, dans ses&nbsp;<em>Conseils et r\u00e9cits<\/em>.&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>[18]<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il va sans dire que l\u2019ann\u00e9e 980 appartient au Xe si\u00e8cle. Qui plus est, si les Valaques sont assez solidaires en 1066 pour pouvoir organiser une r\u00e9volte, alors ils constituent, en toute probabilit\u00e9, une&nbsp;<em>communaut\u00e9 ethnique<\/em>&nbsp;dont la coh\u00e9sion interne est institu\u00e9e et maintenue par sa propre&nbsp;<em>ethnicit\u00e9<\/em>, et non seulement une simple&nbsp;<em>cat\u00e9gorie ethnique<\/em>, con\u00e7ue et per\u00e7ue uniquement de l\u2019ext\u00e9rieur, par les Byzantins&nbsp;<strong>[19]<\/strong>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre s\u2019agit-il d\u2019un simple malentendu engendr\u00e9 par mon emploi maladroit du syntagme \u00ab&nbsp;au plus tard&nbsp;\u00bb, que je regrette, et que le recenseur a tent\u00e9 de corriger. L\u2019autre possibilit\u00e9 est moins innocente&nbsp;: du z\u00e8le pol\u00e9mique \u00e0 la malhonn\u00eatet\u00e9 intellectuelle, il n\u2019y a parfois qu\u2019un pas. Je suis s\u00fbr, pourtant, que ce n\u2019est pas le cas&nbsp;: Nicolas Trifon est un auteur s\u00e9rieux, dont je respecte l&#8217;oeuvre, bien qu\u2019il ne soit pas historien de formation, et m\u00eame si nos interpr\u00e9tations des \u00ab&nbsp;faits historiques&nbsp;\u00bb s\u2019av\u00e8rent parfois divergentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, je remercie M. Trifon de m\u2019avoir signal\u00e9 les quelques fautes de frappe et formulations \u00e9tranges ayant \u00e9chapp\u00e9es aux multiples relectures de mon texte, pr\u00e9c\u00e9dant sa publication.<\/p>\n\n\n\n<p>Notes<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[1]&nbsp;<\/strong>Vladimir Cre\u021bulescu,&nbsp;<em>Ethnicit\u00e9 aroumaine, nationalit\u00e9 roumaine&nbsp;: la construction discursive d\u2019une identit\u00e9 nationale (1770-1878)<\/em>, pr\u00e9f. Florin Turcanu, L\u2019Harmattan (Questions contemporaines), 2021, 249 p.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[2]<\/strong>&nbsp;Pour la version en ligne de la recension en question, acc\u00e9der au&nbsp;lien&nbsp;:&nbsp;&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.courrierdesbalkans.fr\/L-ethnicite-aroumaine-est-elle-soluble-dans-la-nationalite-roumaine\">https:\/\/www.courrierdesbalkans.fr\/L-ethnicite-aroumaine-est-elle-soluble-dans-la-nationalite-roumaine<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[3]&nbsp;<\/strong>Voire les chapitres I.2 (intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Moscopolis&nbsp;: prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique et fleurissement culturel&nbsp;\u00bb, pp.60-67) et II.1 (intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Les Aroumains de l\u2019Europe centrale et l\u2019essor d\u2019une bourgeoisie aroumaine&nbsp;: \u00e9conomie, culture et identit\u00e9&nbsp;\u00bb, pp. 95-111).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[4]&nbsp;<\/strong>Le syntagme \u00ab&nbsp;quarante-huitards&nbsp;\u00bb est utilis\u00e9 dans l\u2019historiographie roumaine pour d\u00e9signer les r\u00e9volutionnaires roumains de 1848.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[5]&nbsp;<\/strong>Michel Foucault,&nbsp;<em>L\u2019arch\u00e9ologie du savoir,&nbsp;<\/em>Paris,&nbsp;&nbsp;Editions Gallimard, 1969&nbsp;; Norman Fairclough,&nbsp;<em>Language and Power<\/em>, Second Edition, London, New York, Longman, 2001 [1989]&nbsp;; Ernesto Laclau and Chantal Mouffe,&nbsp;<em>Hegemony and Socialist Strategy: Towards a Radical Democratic Politics<\/em>, London, Verso, 1985; Jacob Torfing,&nbsp;<em>New Theories of Discourse: Laclau, Mouffe and \u017di\u017eek<\/em>, Oxford \u2013 UK, Malden \u2013 Massachusetts, Blackwell Publishers, 1999; Henry G. Widdowson,&nbsp;<em>Discourse Analysis<\/em>, Oxford, Oxford University Press, 2007; Ruth Wodak,&nbsp;<em>The Discourse of Politics in Action: Politics as Usual<\/em>, Palgrave Macmillan, 2011.&nbsp;Et je cite ici seulement les auteurs que j\u2019ai mobilis\u00e9s dans mon ouvrage. La tradition th\u00e9orique du tournant linguistique est bien plus riche et diverse que ces quelques citations le sugg\u00e8rent, car elle trace ses racines,&nbsp;<em>via<\/em>&nbsp;Foucault et Derrida, jusqu\u2019aux philosophes du langage (William James, Ludwig Wittgenstein, David Kaplan, John L. Austin, John R. Searle, entre autres).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[6]&nbsp;<\/strong>Il s\u2019agit des chapitres I et II, recouvrant la p\u00e9riode 1770-1830, ou pp. 55-143&nbsp;du livre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[7]<\/strong>&nbsp;Il s\u2019agit du chapitre III, recouvrant la p\u00e9riode 1830-1878, ou pp. 145-209 du livre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[8]&nbsp;<\/strong>\u00ab&nbsp;Indubitatum etenim est, primitivam nostram linguam Valachicam in qua Lyturgiae et Sacrae functiones ubique celebrantur, communem nobis esse cum ceteris nationis hujus caesaree Regiis subditis&nbsp;\u00bb (nos italiques)&nbsp;; Pericle Papahagi,&nbsp;<em>Scriitori arom\u00e2ni \u00een secolul XVIII (Cavalioti, Ucuta, Daniil)<\/em>,<em>&nbsp;<\/em>Institutul de Arte Grafice \u201eCarol G\u00f6bl\u201d<em>,<\/em>&nbsp;Bucarest,<em>&nbsp;<\/em>1909, p. 22, note en bas de page 3&nbsp;; voir aussi Valeriu Papahagi,&nbsp;<em>Via\u0163a cultural\u0103 a arom\u00e2nilor \u00een secolul al XVIII-lea \u015fi \u00een prima jum\u0103tate a celui de-al XIX-lea<\/em>, Viorel St\u0103nil\u0103 (ed.), Institutul Cultural Rom\u00e2n, Institutul de \u015etiin\u0163e Politice \u015fi Rela\u0163ii Interna\u0163ionale, Bucure\u0219ti, 2015, p. 207&nbsp;; le syntagme \u00ab&nbsp;caesaree Regiis&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;Royaume c\u00e9sarique&nbsp;\u00bb) signifie l\u2019Empire des Habsbourg.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[9]&nbsp;<\/strong>\u00ab&nbsp;Die Nation fuhr immer fort, sich in der Muttersprache Romani, Ramani zu nennen, welche nur in den Buchstaben etwas ver\u00e4nderte Benennung sie auch heut zu Tage behaltet. [\u2026] Der Name Romanier ist heute meiner nation und unseren in Siebenb\u00fcrgen, in der Wallachen und im Banat sich befindenden Br\u00fcdern eigen, [\u2026] weil er durch unsere unten zu bezeugende Herstammung auch von den R\u00f6mern, und durch die sehr lateinisch klingende Sprache befestiger wird. \u00bb&nbsp;; Georg Constantin Roja,&nbsp;<em>Untersuchungen \u00fcber die Romanier oder sogennanten Wlachen \/ \u0395\u039e\u0395\u03a4\u0391\u03a3\u0395\u0399\u03a3 \u03c0\u03b5\u03c1\u03af\u03c4\u03c9\u03bd \u03a1\u03a9\u039c\u0391\u0399\u03a9\u039d \u03b7 \u03c4\u03c9\u03bd \u03bf\u03bd\u03bf\u03bc\u03b1\u03b6\u03bf\u03bc\u03ad\u03bd\u03c9\u03bd \u0392\u03bb\u03ac\u03c7\u03c9\u03bd<\/em>, Mathias Trattner, Pesth, 1808, pp. 42, 44.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[10]&nbsp;<\/strong>\u00ab&nbsp;Von den in Seibenb\u00fcrgen und in der Walachen wohnenden Romaniern zu reden, geh\u00f6rt zwar zu meinem Zwecke nicht, doch will ich nur kurz erw\u00e4hnen, dass sie unsere Br\u00fcder sind, welches erstens aus ihrer Benennung erhellet, indem sie sich auch Romani nennen; zweitens aus ihrer Sprache welche eine und dieselbe mit unserer ist, nur mit slavischen W\u00f6rtern erwas vermischt; doch beide Nationen verstehen sich im Sprechen ziemlich. \u00bb&nbsp;; Roja,&nbsp;<em>Untersuchungen \/ \u0395\u039e\u0395\u03a4\u0391\u03a3\u0395\u0399\u03a3<\/em>, p. 98.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[11]&nbsp;<\/strong>\u00ab&nbsp;sie reden ebendieselbe Sprache als ihre Br\u00fcder diesseits der Donau : nur ist sie mit griechischen W\u00f6rtern st\u00e4rker vermischt&nbsp;\u00bb&nbsp;; Johann Thunmann,&nbsp;<em>Untersuchungen \u00fcber die Geschichte der \u00f6stlichen europ\u00e4ischen V\u00f6lker<\/em>, Leipzig, 1774, p. 174.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[12]&nbsp;<\/strong>La r\u00e9f\u00e9rence compl\u00e8te de cet ouvrage, y compris son titre originaire bilingue, en aroumain \u00e0 caract\u00e8res cyrilliques et en grec, est la suivante: Gheorghe Constantin Roja,&nbsp;<em>\u041c\u0410\u0415\u0421\u0422\u0420\u0407\u0410<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u0413\u0407\u0460\u0412\u0410\u0421\u0418\u0420\u0407\u0419<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u0420\u0460\u041c\u046a\u041d\u0415\u0429\u0419<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u043a\u0443<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u043b\u0438\u0442\u0454\u0440\u0454<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u043b\u0430\u0442\u0438\u043d\u0454\u0449\u0439<\/em><em>,&nbsp;<\/em><em>\u043a\u0430\u0440\u0454<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u0441\u046b\u043d\u0442<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u043b\u0438\u0442\u0454\u0440\u0454\u043b\u0454<\/em><em><\/em><em>\u0420\u0461\u043c\u046b\u043d\u0438\u043b\u0461\u0440<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u0447\u044f\u043b\u0454<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u0432\u0454\u043a\u0439<\/em><em>&nbsp;\/&nbsp;<\/em><em>\u03a4\u0395\u03a7\u039d\u0397<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03a4\u0397\u03a3<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03a1\u03a9\u039c\u0391\u039d\u0399\u039a\u0397\u03a3<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u0391\u039d\u0391\u0393\u039d\u03a9\u03a3\u0395\u03a9\u03a3<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03bc\u03b5<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u039b\u03b1\u03c4\u03b9\u03bd\u03b9\u03ba\u03ac<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03b3\u03c1\u03ac\u03bc\u03bc\u03b1\u03c4\u03b1<\/em><em>,&nbsp;<\/em><em>\u03c4\u03b1<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03bf\u03c0\u03bf\u03af\u03b1<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03b5\u03af\u03bd\u03b1\u03b9<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03c4\u03b1<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03c0\u03b1\u03bb\u03b1\u03b9\u03ac<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03b3\u03c1\u03ac\u03bc\u03bc\u03b1\u03c4\u03b1<\/em><em><\/em><em>\u03c4\u03c9\u03bd<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>\u03a1\u03c9\u03bc\u03ac\u03bd\u03c9\u03bd<\/em>, Cr\u0103iasca Tipografie a Universit\u0103\u0163ii Ungure\u015fti, Buda, 1809.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[13]&nbsp;<\/strong>\u00ab&nbsp;\u046a\u043d\u0430\u0438\u043d\u0442\u0435&nbsp;\u0434\u0435&nbsp;\u0442\u043e\u0430\u0442\u0435&nbsp;\u0434\u0430\u0440&nbsp;\u043b\u0438\u043f\u0441\u0463\u0449\u0435&nbsp;\u0441\u044a&nbsp;\u043b\u044a\u043f\u044a\u0434\u044a\u043c&nbsp;\u0434\u0438\u043d&nbsp;\u043b\u0438\u043c\u0431\u0430&nbsp;\u043d\u043e\u0430\u0441\u0442\u0440\u044a&nbsp;\u0442\u043e\u0430\u0442\u0435&nbsp;\u043a\u0443\u0432\u0438\u043d\u0442\u0435\u043b\u0435&nbsp;\u0447\u0463\u043b\u0435&nbsp;\u0441\u0442\u0440\u0435\u0438\u043d\u0435,&nbsp;\u0448\u0438&nbsp;\u0441\u044a&nbsp;\u043f\u0443\u043d\u0435\u043c&nbsp;\u046b\u043d&nbsp;\u043b\u043e\u043a\u0443\u043b\u043b\u03c9\u0440&nbsp;\u0430\u043b\u0442\u0435\u043b\u0435&nbsp;\u043d\u0435\u0432\u044a\u0442\u044a\u043c\u0430\u0442\u0435&nbsp;\u0420\u03c9\u043c\u046b\u043d\u0435\u0449\u0438,&nbsp;\u043a\u0430\u0440\u0435&nbsp;\u0441\u046b\u043d\u0442&nbsp;\u043f\u0440\u0438\u043d&nbsp;\u0434\u0435\u0437\u0431\u0438\u043d\u0430\u0442\u0435\u043b\u0435&nbsp;\u0430\u0447\u0435\u0457\u0467\u0448&nbsp;\u0413\u0438\u043d\u0442\u044a&nbsp;\u0420\u03c9\u043c\u046b\u043d\u0463\u0441\u043a\u044a&nbsp;\u0434\u0457\u0430\u043b\u0435\u043a\u0442\u0435&nbsp;\u0441\u044a\u043c\u044a\u043d\u0430\u0442\u0435&nbsp;\u00bb&nbsp;; dans la version grecque, ce passage est plus lapidaire&nbsp;: \u2018\u0395\u03bd&nbsp;\u03c0\u03c1\u03ce\u03c4\u03bf\u03b9\u03c2&nbsp;\u03bb\u03bf\u03b9\u03c0\u03cc\u03bd&nbsp;\u03c0\u03c1\u03ad\u03c0\u03b5\u03b9&nbsp;\u03bd\u03b1&nbsp;\u03b1\u03c0\u03bf\u03d0\u03ac\u03bb\u03bb\u03c9\u03bd\u03c4\u03b1\u03b9&nbsp;\u03cc\u03bb\u03b1\u03b9&nbsp;\u03b1\u03b9&nbsp;\u03be\u03ad\u03bd\u03b1\u03b9&nbsp;\u03bb\u03ad\u03be\u03b5\u03b9\u03c2&nbsp;\u03b1\u03c0\u03bf&nbsp;\u03c4\u03b7\u03bd\u03b3\u03bb\u03ce\u03c3\u03c3\u03b1\u03bd&nbsp;\u03bc\u03b1\u03c2,&nbsp;\u03ba\u03b1\u03b9&nbsp;\u03bd\u03b1&nbsp;\u03c4\u03b9\u03d1\u03ce\u03bd\u03c4\u03b1\u03b9&nbsp;\u03b3\u03bd\u03ae\u03c3\u03b9\u03b1\u03b9,&nbsp;\u03b1\u03b9&nbsp;\u03bf\u03c0\u03bf\u03af\u03b1\u03b9&nbsp;\u03b5\u03c5\u03c1\u03af\u03c3\u03ba\u03bf\u03bd\u03c4\u03b1\u03b9&nbsp;\u03b4\u03b9\u03b1\u03c3\u03ba\u03bf\u03c1\u03c0\u03b9\u03c3\u03bc\u03ad\u03bd\u03b1\u03b9&nbsp;\u03b5\u03b9\u03c2&nbsp;\u03c4\u03b1\u03c2&nbsp;\u03b4\u03b9\u03b1\u03c6\u03bf\u03c1\u03bf\u03cd\u03c2&nbsp;\u03b4\u03b9\u03b1\u03bb\u03b5\u03ba\u03c4\u03bf\u03cd\u03c2&nbsp;\u03c4\u03b7\u03c2&nbsp;\u03a1\u03c9\u03bc\u03b1\u03bd\u03b9\u03ba\u03ae\u03c2\u03b3\u03bb\u03ce\u03c3\u03c3\u03b7\u03c2&nbsp;\u00bb&nbsp;; Roja,&nbsp;<em>\u041c\u0410\u0415\u0421\u0422\u0420\u0407\u0410<\/em><em>&nbsp;\/&nbsp;<\/em><em>\u03a4\u0395\u03a7\u039d\u0397<\/em>, p. 10,11&nbsp;; voir aussi V. Papahagi,&nbsp;<em>Via\u0163a cultural\u0103<\/em>, p. 233-234.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[14]&nbsp;<\/strong>BOIAGI, Mihail G. Boiagi,&nbsp;<em>\u0393\u03a1\u0391\u039c\u039c\u0391\u03a4\u0399\u039a\u0397 \u03a1\u03a9\u039c\u0391\u039d\u0399\u039a\u0397 \u0397\u03a4\u039f\u0399 \u039c\u0391\u039a\u0395\u0394\u039f\u039d\u039f\u0392\u039b\u0391\u03a7\u0399\u039a\u0397 \/ Romanische oder Macedonowlachische Sprachlehre<\/em>, Vienne, dans la typographie de Johann Snyrer, 1813; Ma traduction du titre de l\u2019ouvrage sous la forme \u00ab&nbsp;Grammaire Aroumaine ou Mac\u00e9donovlaque&nbsp;\u00bb, au lieu de \u00ab&nbsp;Mac\u00e9donovalaque&nbsp;\u00bb n\u2019est pas une erreur de ma part, comme le sugg\u00e8re M. Trifon dans sa note no. 8, mais un choix manifeste que j\u2019ai fait&nbsp;: j\u2019ai bien argument\u00e9 mon choix de l\u00e9g\u00e8rement modifier la traduction pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e par Matilda Caragiu-Mario\u021beanu, dans la note en bas de page no. 136, p. 133-134 de mon ouvrage.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[15]&nbsp;<\/strong>Dans la version Allemande du texte, l\u2019auteur ajoute la pr\u00e9cision \u00ab so wie in der Moldau \u00bb ; la pr\u00e9cision en question est absente de la variante grecque.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[16]&nbsp;<\/strong>\u00ab&nbsp;Unsere walachische Muttersprache, die von etiva 4 Millionen Geelen geredet wird, die aber bisher politisch zu fehr zerst\u00fcckelt sind, um eine bedeutende masse zu bilden, (wie bedeutend sind dagegen die vereinten&nbsp;&nbsp;2 bis 3 Millionen Ungarn!) die selbst in dem von Natur so gl\u00fccklichen Laude das nach seinen Bewohnern die Walachen gennant wird, so wie in der Moldau [&#8230;], hat an ihren Schwestern, der itali\u00e4nischen, franz\u00f6sischen und spanischen Sprache die sichersten B\u00fcrgen, was auch aus ihr werden k\u00f6nnte, wen sie sich einst der gl\u00fccklichen Zilege der ganzen Nazion, Hoher und Niederer, erfreuen k\u00f6nnte!&nbsp;\u00bb ; Mihail G. Boiagi,&nbsp;<em>Gramatica rom\u00e2n\u0103 sau macedo-rom\u00e2n\u0103 reeditat\u0103 cu o introducere \u015fi un vocabular de Pericle Papahagi<\/em>, Bucure\u015fti, Tipografia Cur\u0163ii Regale, F. G\u00f6bl Fii, 1915 [1813],&nbsp;p. \u03b9 (10).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[17]&nbsp;<\/strong>Le discours aroumain-roumain n\u2019est pas la seule mani\u00e8re de concevoir l\u2019ethnicit\u00e9 aroumaine. Dans l\u2019introduction de mon livre (voir pp. 20-27), j\u2019ai aussi recens\u00e9 les auteurs ayant contribu\u00e9 aux deux autres discours sollicitant l\u2019adh\u00e9sion identitaire des Aroumains&nbsp;: en l&#8217;occurrence, il s\u2019agit du discours qui construit les Aroumains en tant que des Grecs, voire du discours qui con\u00e7oit les Aroumains comme une minorit\u00e9 ethnoculturelle&nbsp;<em>sui generis<\/em>. M. Trifon est, de nos jours, le plus subtil et brillant d\u00e9fenseur de ce dernier discours identitaire. Pour un \u00e9chantillon de son regard critique sur les cons\u00e9quences du discours \u2013 et du mouvement \u2013 aroumain-roumain, voir Nicolas Trifon, \u00ab Les Aroumains en Roumanie depuis 1990 : comment se passer d\u2019une (belle\u2011)m\u00e8re patrie devenue encombrante \u00bb,&nbsp;<em>Revue d\u2019\u00e9tudes comparatives Est<\/em><em>\u2011<\/em><em>Ouest<\/em>,&nbsp;<em>Les politisations de l\u2019identit\u00e9 dans les Balkans contemporains&nbsp;<\/em>(num\u00e9ro th\u00e9matique), Nad\u00e8ge Ragaru (dir.), t. 38, no. 4 \/ 2007, pp. 173\u2011200.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[18]&nbsp;<\/strong>Nicolas Trifon,&nbsp;<em>Les Aroumains, un peuple qui s\u2019en va<\/em>, Editions Acratie, La Bussi\u00e8re, 2005, p. 6&nbsp;; pour la nouvelle \u00e9dition du m\u00eame livre, consulter Idem,&nbsp;<em>Les Aroumains, un peuple qui s\u2019en va<\/em>, Editions Non Lieu, 2013, 554 p.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>[19]&nbsp;<\/strong>Pour mes d\u00e9finitions op\u00e9rationnelles des concepts \u00ab cat\u00e9gorie ethnique \u00bb, \u00ab communaut\u00e9 ethnique \u00bb et \u00ab&nbsp;ethnicit\u00e9 \u00bb,&nbsp;voir p. 43 de mon ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/6D54ECBF-A670-43FB-8D5C-EAA47883133A#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;Je m\u2019adresse donc \u00e0 M. Ama\u00ebl Cattaruzza, directeur de la publication&nbsp;<em>Le Courrier des Balkans<\/em>, en lui sollicitant respectueusement que le texte mis en pi\u00e8ce jointe soit publi\u00e9, sans aucune modification, sur le site Internet \u00ab&nbsp;Le Courrier des Balkans&nbsp;\u00bb, comme r\u00e9ponse \u00e0 la recension faite par M. Nicolas Trifon au propos de mon livre.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Cattaruzza, vous \u00eates, en France, les h\u00e9ritiers du fier esprit r\u00e9publicain et d\u00e9mocratique ayant, depuis son essor r\u00e9volutionnaire, toujours affirm\u00e9 et d\u00e9fendu les libert\u00e9s d\u2019opinion et d\u2019expression. De ce fait, vous h\u00e9ritez aussi l\u2019illustre tradition de d\u00e9bat rationnel et d\u2019\u00e9change libre d\u2019id\u00e9es, engendr\u00e9e par l\u2019esprit de ces m\u00eames libert\u00e9s. Ma confiance absolue en votre acceptation de ma requ\u00eate de publication est donc fond\u00e9e, \u00e0 vrai dire, non pas sur mon droit l\u00e9gal \u00e0 la r\u00e9ponse, mais sur le respect que vous portez aux principes et id\u00e9aux fondamentaux de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La chronique de N. Trifon intitul\u00e9e \u00ab\u00a0L\u2019ethnicit\u00e9 aroumaine est-elle soluble dans la nationalit\u00e9 roumaine\u00a0?\u00a0\u00bb est parue dans le Courrier des Balkans d\u00e9but janvier 2021 au moment de l\u2019apparition du livre\u00a0\u00a0Ethnicit\u00e9 aroumaine, nationalit\u00e9 roumaine\u00a0: la construction discursive d\u2019une identit\u00e9 nationale (1770-1878) de V. Cretulescu. Ce livre est issu d\u2019une th\u00e8se de doctorat sur\u00a0\u00a0\u00ab\u00a0le discours identitaire aroumain-roumain [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-3596","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-habari-news"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v25.4 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Les explications de V. 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