{"id":1410,"date":"2019-04-14T11:29:00","date_gmt":"2019-04-14T10:29:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.armanami.org\/blog\/?p=1410"},"modified":"2019-04-14T11:51:31","modified_gmt":"2019-04-14T10:51:31","slug":"le-pari-fou-dirina-nicolau","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.armanami.org\/blog\/le-pari-fou-dirina-nicolau\/","title":{"rendered":"Le pari fou d\u2019Irina Nicolau"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.armanami.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/iri2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1414\" src=\"http:\/\/www.armanami.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/iri2-224x300.jpg\" alt=\"\" width=\"224\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.armanami.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/iri2-224x300.jpg 224w, http:\/\/www.armanami.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/iri2-768x1028.jpg 768w, http:\/\/www.armanami.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/iri2-765x1024.jpg 765w, http:\/\/www.armanami.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/iri2.jpg 1581w\" sizes=\"auto, (max-width: 224px) 100vw, 224px\" \/><\/a>Aoaltari, lu Salonlu di carti \u00a0dit Balcanu (Paris, INALCO), al\u00e2nci carte ali Irina Nicolau <em>Haide bre!<\/em> apriadus\u00e2 pi galiceasc\u00e2 di Marianne Mesnil tu un\u00e2 nou\u00e2 editsie. Tu bitisit\u00e2 va s&#8217;aflatsi postfatsa alu N. Trifon.\u00a0<!--more--><\/p>\n<p>Parmi les diverses tentatives de percer le \u00ab\u00a0myst\u00e8re\u00a0\u00bb des Aroumains qui, depuis leur \u00ab\u00a0d\u00e9couverte\u00a0\u00bb, n\u2019ont eu de cesse d\u2019intriguer les observateurs, la th\u00e8se d\u2019Irina Nicolau qui fait d\u2019eux les \u00ab\u00a0cam\u00e9l\u00e9ons des Balkans\u00a0\u00bb en raison de la \u00ab\u00a0luxuriante synonymie\u00a0\u00bb des mots utilis\u00e9s pour les d\u00e9signer et de leur disposition et\/ou aptitude \u00e0 passer pour des Grecs, des Bulgares ou des Albanais occupe une place \u00e0 part. Elle est provocatrice, puisque cette m\u00e9taphore animali\u00e8re n\u2019est pas des plus avenantes et il faut un effort pour r\u00e9aliser que le mim\u00e9tisme peut proc\u00e9der chez eux non seulement de la recherche d\u2019un quelconque profit mais aussi d\u2019un r\u00e9flexe vital. Elle est stimulante aussi, parce qu\u2019elle soul\u00e8ve des questions encore plus embarrassantes que celles auxquelles elle pr\u00e9tend r\u00e9pondre. Enfin, venant d\u2019une ethnologue, elle est d\u00e9concertante. \u00ab\u00a0L\u2019ethnologue de nos jours est tent\u00e9 de n\u00e9gliger une de ses t\u00e2ches, celle de s\u2019\u00e9merveiller. Moi je crois \u00e0 la force cognitive de la stupeur\u00a0\u00bb, affirme-t-elle d\u2019embl\u00e9e tout en pointant plus loin\u00a0: \u00ab\u00a0Le moment o\u00f9 commence l\u2019analyse, la stupeur s\u2019affaiblit\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Pr\u00e9sent\u00e9e en 1993 lors d\u2019un colloque d\u2019anthropologie \u00e0 Bruxelles, cette th\u00e8se-manifeste faisait suite aux recherches personnelles entreprises entre 1983 et 1985. N\u00e9e en 1946, Irina Nicolau travaillait en ce temps \u00e0 la r\u00e9organisation des archives de l\u2019ancien Institut d\u2019ethnographie et folklore. Les r\u00e9sultats des enqu\u00eates de terrain dans la Dobroudja et de la documentation accumul\u00e9e au milieu des ann\u00e9es 1980, la d\u00e9cennie noire marqu\u00e9e par les privations de toutes sortes et la m\u00e9galomanie de Ceau\u015fescu, ne seront publi\u00e9s que plus tard, en 2001, seulement partiellement et sans l\u2019intervention directe de leur auteure, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e un an apr\u00e8s sa parution<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Aroumains \u00e9taient devenus pour moi une obsession. Je les voyais partout. Je ne voyais qu\u2019eux. Je ne parlais que d\u2019eux. (\u2026) Et, toi lecteur, saurais-tu admettre que, de tout ce que j\u2019ai pu vivre, ne r\u00e9sulte qu\u2019une banque de donn\u00e9es ethnographiques\u00a0? Pas moi. En cherchant \u00e0 expliquer mon \u00e9chec, je ne trouve qu\u2019une r\u00e9ponse\u00a0: je passais par une crise identitaire que je n\u2019assumais pas. J\u2019\u00e9crivais pour en sortir<strong>, <\/strong>pas pour \u00e9crire\u00a0\u00bb, notait-elle en 1997 quand para\u00eet dans la revue <em>Secolul XX<\/em> la premi\u00e8re \u00e9bauche du livre qui sortira en 2000 et dont Marianne Mesnil assurera la traduction fran\u00e7aise parue en en 2003. \u00ab\u00a0Ils [les Aroumains] m\u2019ont d\u00e9\u00e7us et il en va de m\u00eame pour le texte qui en a r\u00e9sult\u00e9\u00a0: indigeste, born\u00e9, niais. J\u2019insiste sur la d\u00e9ception\u00a0!\u00a0\u00bb, pr\u00e9cisait-elle par la m\u00eame occasion<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Dans sa forme finale, son livre n\u2019est donc pas un trait\u00e9 scientifique, et, sans jouer sur les mots, je dirais qu\u2019il est plus que cela. Autant donc s\u2019en tenir au sous-titre annonc\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0incursion subjective dans le monde des Aroumains\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Mais, avant d\u2019entrer dans le monde revisit\u00e9 par Irina Nicolau, voici quelques rep\u00e8res pour mieux cerner les Aroumains tels qu\u2019ils se donnent \u00e0 voir ind\u00e9pendamment du myst\u00e8re qu\u2019ils puissent alimenter chez ceux qui les observent.<\/p>\n<p>Attest\u00e9s par les chroniqueurs byzantins depuis la fin du Xe si\u00e8cle dans les environs des contr\u00e9es montagneuses du Pinde o\u00f9 ils fonderont plus tard leurs villages et bourgs haut perch\u00e9s, les Aroumains se particularisent, surtout dans un premier temps, par leur mobilit\u00e9 puis par le fait de parler une langue romane dont la formation remontait au temps de l\u2019administration romaine. Leur profil socio-professionnel constituera l\u2019autre point sur lequel ils se particulariseront ult\u00e9rieurement : \u00e9leveurs pratiquant jusqu\u2019\u00e0 une date r\u00e9cente, pour certains, le semi-nomadisme pastoral, tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque ottomane ils seront aussi transporteurs, artisans et commer\u00e7ants mais tr\u00e8s rarement paysans li\u00e9s au travail de la terre. Eux qui avaient \u00e9volu\u00e9 tout au long de leur histoire au carrefour des mondes grec, slave et albanais ne rencontreront les Roumains que dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle et encore dans des conditions particuli\u00e8res. Relativement peu nombreux et surtout tr\u00e8s dispers\u00e9s, les Aroumains pouvaient difficilement se lancer dans la comp\u00e9tition nationale qui faisait rage depuis le milieu du XIXe si\u00e8cle. R\u00e9fractaires \u00e0 la gr\u00e9cisation par le biais de l\u2019Eglise grecque puis de l\u2019hell\u00e9nisme, processus d\u00e9j\u00e0 bien entam\u00e9, ou d\u00e9sireux de cultiver leur propre personnalit\u00e9 collective, certains d\u2019entre eux vont s\u2019appuyer sur le jeune Etat roumain qui ouvrira des \u00e9coles en Turquie d\u2019Europe et obtiendra par exemple la reconnaissance d\u2019un <em>milet olah<\/em> [nation valaque]. La parent\u00e9 sur le plan linguistique est le principal argument qui scelle cette alliance, hypoth\u00e9qu\u00e9e cependant par deux aspects trop souvent pass\u00e9s sous silence. Dans les faits, il n\u2019y a pas d\u2019intercompr\u00e9hension entre les locuteurs du roumain et de l\u2019aroumain et, surtout, ces derniers ont \u00e9volu\u00e9 dans une aire de civilisation distincte \u00e0 bien des \u00e9gards de l\u2019espace nord-danubien roumain.<\/p>\n<p>En 1913, les Aroumains disparaissent de la nomenclature des Etats nations de la r\u00e9gion, avec l\u2019accord de fait de l\u2019Etat roumain qui avait accueilli \u00e0 Bucarest la conf\u00e9rence de paix mettant fin aux guerres balkaniques. Ses objectifs en mati\u00e8re de politique \u00e9trang\u00e8re venaient de changer. Pendant l\u2019entre-deux-guerres, aux Aroumains install\u00e9s de longue date en Roumanie vont s\u2019ajouter ceux qui participeront \u00e0 la colonisation de la Dobroudja du Sud. Tout au long de cette p\u00e9riode, il a souvent \u00e9t\u00e9 question de l\u2019abandon des Aroumains \u00e0 leur sort dans les Balkans, sans que cela change quoi que ce soit dans les faits. Dans le m\u00eame temps, on a beaucoup \u00e9crit sur eux et eux-m\u00eames ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9sents dans la vie culturelle et politique confirmant ainsi leur r\u00e9putation d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0plus roumains que les Roumains\u00a0\u00bb. Longtemps mise en <em>stand by<\/em>, la \u00ab\u00a0question aroumaine\u00a0\u00bb deviendra taboue apr\u00e8s l\u2019instauration du r\u00e9gime communiste, ce qui n\u2019emp\u00eachera pas la parution de travaux pertinents concernant leur langue et leur histoire\u2026 Avec la chute de ce r\u00e9gime, on assiste parmi les Aroumains \u00e0 une nouvelle dynamique, affirmative et d\u00e9sormais d\u00e9complex\u00e9e, dont Irina Nicolau sera un des vecteurs \u00e0 travers ce livre, mais pas seulement. En effet, elle a particip\u00e9 activement avec le peintre Horia Bernea \u00e0 la mise en place du Mus\u00e9e du paysan roumain, institution prestigieuse qui accueillera de nombreux \u00e9v\u00e9nements consacr\u00e9s aux Aroumains, souvent avec leur participation directe. R\u00e9cemment encore, en 2018, une exposition itin\u00e9rante sur leur patrimoine fut pr\u00e9sent\u00e9e en Roumanie, Bulgarie et Mac\u00e9doine du Nord dans le cadre du programme \u00ab\u00a0Cu tenda\u00a0\u00bb [Avec la tente] coordonn\u00e9 par Lila Passima.<\/p>\n<p>Irina Nicolau n\u2019\u00e9tait pas dupe de la tendance \u00e0 rapprocher artificiellement les Aroumains des Roumains \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans l\u2019imposante bibliographie disponible en roumain sur les Aroumains. Alexandru Gica, l\u2019\u00e9diteur de sa \u00ab\u00a0banque de donn\u00e9es ethnographiques\u00a0\u00bb, le rappelle \u00e0 juste titre lorsqu\u2019il cite ce passage\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La plupart des travaux consacr\u00e9s \u00e0 la culture aroumaine ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s par des pr\u00e9jug\u00e9s extra-scientifiques et pseudo-scientifiques qui ont d\u00e9tourn\u00e9 la recherche des probl\u00e8mes r\u00e9els. Si ceux qui l\u2019ont \u00e9tudi\u00e9 s\u2019\u00e9taient limit\u00e9s \u00e0 regarder et \u00e0 consigner ce qu\u2019ils voyaient, l\u2019image qui en serait ressortie aurait \u00e9t\u00e9 beaucoup plus vraie. Ils l\u2019ont regard\u00e9e, scrut\u00e9e, avec les yeux de celui qui cherche quelque chose. Ce qu\u2019ils cherchaient, c\u2019\u00e9taient les ressemblances avec la culture daco-roumaine.\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/p>\n<p>Pourtant, dans son livre, elle ne fait pas appel aux cat\u00e9gories de l\u2019ethnologie moderne auxquelles elle avait eu recours pr\u00e9c\u00e9demment. L\u2019urgence est ailleurs, pour elle, et pour ceux auxquels elle semble s\u2019adresser en particulier. Mis bout \u00e0 bout, les faits et gestes plus ou moins h\u00e9ro\u00efques rapport\u00e9s, les historiettes exemplaires racont\u00e9es, les croyances et les coutumes parfois \u00e9tranges d\u00e9crits finissent par constituer un corpus dans lequel tout un chacun peut puiser et se l\u2019approprier \u00e0 son tour. Ce faisant, elle entend faire part de son \u00e9merveillement et le transmettre. A qui\u00a0? A tous ceux qui veulent bien l\u2019\u00e9couter, mais encore\u2026 Elle le sugg\u00e8re quand elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En 1984, je me suis rendue au bal annuel des \u00e9tudiants aroumains organis\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Parc. J\u2019ai pu voir comment plus de deux cents jeunes hommes et jeunes filles se sont comport\u00e9s toute la soir\u00e9e sans s\u2019enivrer. Ils avaient la beaut\u00e9 des \u00eatres dont l\u2019\u00e2me n\u2019est pas ab\u00eem\u00e9e. A cet instant, j\u2019aurais voulu avoir un pays sous la main pour le leur offrir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tant pis pour ceux qui ne veulent pas se prendre au jeu et lui reprocheraient de m\u00e9langer histoire et fiction, d\u00e9tail \u00e9rudit et anecdote terre \u00e0 terre. D\u2019aucuns ne manqueront de lui rappeler, parfois \u00e0 juste titre, que telle ou telle coutume ou historiette circule aussi parmi les Albanais, les Turcs ou les Grecs. Or c\u2019est justement l\u00e0 que r\u00e9side peut-\u00eatre la raison de la pr\u00e9disposition des Aroumains \u00e0 passer dans certaines situations pour des Grecs ou des Albanais alors qu\u2019il est quasiment exclu qu\u2019un Albanais se consid\u00e8re grec, qu\u2019un Grec se pr\u00e9sente comme albanais ou que l\u2019un et l\u2019autre se revendiquent comme aroumains. Ces derniers se consid\u00e8rent et se disent tels non seulement parce qu\u2019ils parlent une langue que les autres ne comprennent pas, mais aussi, et surtout, en raison de l\u2019attachement qu\u2019ils manifestent pour ce fond commun balkanique souvent refoul\u00e9 par leurs voisins.<\/p>\n<p>Forc\u00e9ment mouvant et en recomposition permanente, ce fond commun balkanique se r\u00e9v\u00e8le particuli\u00e8rement fragile quand la part de l\u2019oralit\u00e9 dans sa transmission d\u00e9croit, un peu de la m\u00eame fa\u00e7on que les \u00ab\u00a0petites\u00a0\u00bb langues ne doivent parfois leur survie qu\u2019aux enregistrements destin\u00e9s \u00e0 valider les dipl\u00f4mes des \u00e9tudiants ou \u00e0 justifier le travail des chercheurs. Ceci peut expliquer l\u2019empressement d\u2019Irina Nicolau \u00e0 faire partager le tr\u00e9sor qu\u2019elle a ramass\u00e9 en choisissant la mise en forme qui lui est apparue comme \u00e9tant la plus appropri\u00e9e.<\/p>\n<p>Les ouvertures des ann\u00e9es 1990, p\u00e9riode dont Irina Nicolau fut une v\u00e9ritable ic\u00f4ne, pour des raisons qui d\u00e9passent d\u2019ailleurs largement son incursion dans le monde aroumain, appartiennent pour la plupart au pass\u00e9. Dans un sens, cette p\u00e9riode fait office d\u2019exception. Pour s\u2019en rendre compte, il suffit de voir avec quel aplomb et dans quel climat d\u2019unanimit\u00e9 les diplomates roumains, second\u00e9s par les patriotes de l\u2019Acad\u00e9mie roumaine, se sont empress\u00e9s derni\u00e8rement de renouer avec la politique \u00e9trang\u00e8re d\u2019avant 1913 en faisant feu de tout bois autour des minorit\u00e9s \u00ab\u00a0roumaines\u00a0\u00bb dans les pays balkaniques o\u00f9 vivent des Aroumains. Pendant ce temps, les Aroumains qui vivent en Roumanie et entendent cultiver leur diff\u00e9rence, \u00e0 commencer par leur langue, se voient refuser les relais indispensables \u00e0 ce dessin sous pr\u00e9texte qu\u2019ils ne peuvent \u00eatre que Roumains<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Tr\u00e8s pris\u00e9 parmi certains d\u2019entre eux, ce petit livre d\u2019Irina Nicolau reste en revanche toujours l\u00e0 pour les encourager \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer. De ce point de vue, le pari, assez fou au d\u00e9part, de celle qui \u00e9crivait\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019ethnologue est un voyageur aux semelles de miroir qui r\u00eave \u00e0 un pays de nulle part qui existerait quelque part\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 gagnant\u2026<\/p>\n<p>Nicolas Trifon<\/p>\n<p>Paris, mars 2019<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00ab\u00a0Les cam\u00e9l\u00e9ons des Balkans\u00a0\u00bb dans <em>En\/qu\u00eate d\u2019identit\u00e9<\/em>, <em>Civilisations<\/em>, XLII, n\u00b0 2, 1993, pp. 175-178.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> L\u2019ouvrage a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par la Societatea cultural\u0103 arom\u00e2n\u0103 sous le titre <em>Arom\u00e2nii, credin\u0163e \u015fi obiceiuri <\/em>[Les Aroumains, croyances et coutumes].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00ab\u00a0Haide, bre\u00a0!\u00a0\u00bb dans <em>Balcanismul, Secolul XX<\/em>, n\u00b0 7-8-9, 1993, p. 114.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> L\u2019auteur de la chronique consacr\u00e9e \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9dition du livre ne semble pas en avoir tenu compte : Gilles de\u00a0Rapper, \u00ab\u00a0Nicolau (Irina),\u00a0<em>Vagabondage dans les Balkans.<\/em>\u00a0<em>Une incursion subjective au pays des Aroumains<\/em>\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Balkanologie<\/em>\u00a0[En ligne], Vol. VIII, n\u00b0 1\u00a0|\u00a0juin 2004, mis en ligne le 21 janvier 2010, consult\u00e9 le 22 mars 2019. URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/balkanologie\/2078\">http:\/\/journals.openedition.org\/balkanologie\/2078<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> <em>Arom\u00e2nii, credin\u0163e\u2026, op. cit<\/em>., p. 4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Bien qu\u2019elle ait vot\u00e9, comme la plupart des d\u00e9l\u00e9gations des Etats de la r\u00e9gion, la Recommandation 1333\/1997 du Conseil de l\u2019Europe concernant la protection de la langue et de la culture aroumaines, la Roumanie a refus\u00e9 de prendre les mesures requises, notamment sur le plan scolaire, estimant que les Aroumains font partie du peuple roumain et qu\u2019ils parlent un dialecte. Les tentatives de cr\u00e9er des minorit\u00e9s nationales roumaines en Mac\u00e9doine du Nord et en Albanie, o\u00f9 les Aroumains sont d\u00e9j\u00e0 reconnus comme tels depuis 1991 et 2018, ont fait jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent long feu.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Mesnil, M. et Nicolau, I., Catalogue-objet de l&#8217;exposition <em>Roumanie en miroir, m\u00e9moires de tiroir<\/em> (Treignes, Belgique, Centre de l&#8217;Environnement de l&#8217;U.L.B.). Bucarest, Muzeul \u0162\u0103ranului Rom\u00e2n, 1997.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aoaltari, lu Salonlu di carti \u00a0dit Balcanu (Paris, INALCO), al\u00e2nci carte ali Irina Nicolau Haide bre! apriadus\u00e2 pi galiceasc\u00e2 di Marianne Mesnil tu un\u00e2 nou\u00e2 editsie. Tu bitisit\u00e2 va s&#8217;aflatsi postfatsa alu N. 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