{"id":219,"date":"2010-01-27T21:08:20","date_gmt":"2010-01-27T20:08:20","guid":{"rendered":"http:\/\/armanami.org\/blog\/?page_id=219"},"modified":"2015-11-15T16:32:07","modified_gmt":"2015-11-15T15:32:07","slug":"muscopuli-alb-voskopoje-gr-moschopolis","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.armanami.org\/blog\/articles-en-francais-english\/muscopuli-alb-voskopoje-gr-moschopolis\/","title":{"rendered":"Muscopuli (alb. Voskopoj\u00eb, gr. Moschopolis)"},"content":{"rendered":"<p align=\"left\">Au d\u00e9part zone de campement des bergers semi-nomades qui sillonnaient le Pinde et les environs avec leurs familles et leurs troupeaux, situ\u00e9 \u00e0 une altitude de 1248 m, \u00e0 20 km de Kor\u00e7a, en Albanie, Voskopoj\u00eb (Moschopolis en grec) a connu un d\u00e9veloppement urbain assez exceptionnel aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles. Une vingtaine de guildes (corporations) g\u00e9raient ce puissant centre commercial, dot\u00e9 d\u2019une acad\u00e9mie et d\u2019une imprimerie, et o\u00f9, disait-on, tous les deux cents m\u00e8tres il y avait une \u00e9glise ou une chapelle, \u00e9rig\u00e9es \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 selon la l\u00e9gislation en vigueur (la charia) les chr\u00e9tiens n\u2019avaient pas le droit de construire de nouveaux lieux de culte. La chute de Voskopoj\u00eb est attribu\u00e9e aux exactions des bandes arm\u00e9es de l\u2019arri\u00e8re-pays commises avec la complicit\u00e9 de l\u2019administration ottomane de la r\u00e9gion, qui \u00e9chappait de plus en plus au pouvoir central. En fait, c\u2019est surtout de d\u00e9clin brutal qu\u2019il faut parler, d\u00e9clin qui s\u2019explique aussi par le r\u00f4le accru de l\u2019axe Constantinople-Vienne, par voie terrestre, au d\u00e9triment de l\u2019axe Constantinople-Venise dont Voskopoj\u00eb constituait un passage oblig\u00e9. Certains de ses habitants vont d\u2019ailleurs faire fortune en empruntant la nouvelle route du commerce entre l\u2019Orient et l\u2019Europe centrale et finir par s\u2019installer dans les villes d\u00e9pendant de la couronne des Habsbourg. D\u2019autres vont fonder, \u00e9galement dans des anciens camps de bergers, de nouveaux centres commerciaux prosp\u00e8res dans la r\u00e9gion, tels que Kru\u0161evo (1250 m) et Malovi\u0161te (1300 m). Incendi\u00e9e, pill\u00e9e, d\u00e9sert\u00e9e, la ville ne sera jamais compl\u00e8tement abandonn\u00e9e et survivra jusqu\u2019\u00e0 nos jours sous la forme d\u2019un modeste village.<\/p>\n<p>Au XXe si\u00e8cle, ses habitants, souvent des bergers ou anciens bergers, et les vestiges de la prosp\u00e9rit\u00e9 d\u2019antan auront \u00e0 subir de plein fouet les cons\u00e9quences des combats pendant les deux guerres mondiales et des mesures arbitraires prises du temps d\u2019Enver Hoxha. Aussi ceux qui se sont rendus sur les lieux apr\u00e8s 1990 ont-ils d\u00fb \u00eatre quelque peu surpris en constatant, outre les d\u00e9g\u00e2ts attendus, l\u2019existence de traces d\u2019une \u00e9poque que l\u2019on croyait enfouie \u00e0 jamais. 5 des 26 \u00e9glises qui s\u2019\u00e9levaient dans la cit\u00e9 avant le si\u00e8ge et l\u2019incendie de 1769 \u00e9taient encore visibles, avec leurs parois couverts de fresques aux couleurs vives et leur mobilier en bois polychrome, tandis que les fouilles m\u00eame superficielles laissaient deviner la coh\u00e9rence urbanistique du site (dans les champs on pouvait apercevoir par-ci par-l\u00e0 des tron\u00e7ons de l\u2019ancienne voirie, dall\u00e9e de pierres blanches et bord\u00e9es de trottoirs, de cette ville qui, au XVIIIe si\u00e8cle, poss\u00e9dait d\u00e9j\u00e0 son r\u00e9seau de collecte d\u2019eau). Le danger provenait d\u00e9sormais surtout de l\u2019instabilit\u00e9 du r\u00e9gime postcommuniste, de l\u2019impuissance des pouvoirs publics, et de la modernisation sauvage, sur le plan de l\u2019urbanisation et de la consommation par exemple.<\/p>\n<p>C\u2019est ce dont ont pris conscience en se rendant sur place en 2000 des membres de l\u2019association Patrimoine sans fronti\u00e8res (PSF), pr\u00e9sents dans le nord du pays, \u00e0 Shkodra o\u00f9 ils participaient depuis 1994 \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de sauvegarde de la collection de photographies du fonds Marubi. Les \u00e9ditions Somogy viennent de publier un livre album qui retrace leur parcours, illustre leurs actions et les prolonge [1].<br \/>\nEn lisant la contribution de B\u00e9atrice de Durfort, on r\u00e9alise les innombrables difficult\u00e9s auxquelles a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e l\u2019association dont elle est la pr\u00e9sidente pour intervenir sur le terrain et la complexit\u00e9 des d\u00e9marches pour obtenir les autorisations pr\u00e9alables et la participation des autorit\u00e9s locales et nationales (albanaises), le concours et les financements indispensables au montage financier de l\u2019op\u00e9ration. La liste des minist\u00e8res, directions, instituts sp\u00e9cialis\u00e9s, organismes europ\u00e9ens, fondations priv\u00e9es sollicit\u00e9s et mobilis\u00e9s est impressionnante. B. de Durfort rapporte aussi des incidents, de petites histoires, qui en disent long sur l\u2019imbroglio balkanique tel qu\u2019il se donne \u00e0 voir dans cette r\u00e9gion du sud de l\u2019Albanie. Pour honorer une promesse faite \u00e0 leur m\u00e8re, trois fr\u00e8res de la puissante famille Dulaku ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019entamer les travaux de r\u00e9fection des dortoirs des moines du monast\u00e8re Saint-Jean-Prodrome, dont l\u2019\u00e9glise est le plus vieil \u00e9difice connu de la ville (1632) et qui constitue de nos jours un haut lieu de p\u00e8lerinage oecum\u00e9nique. Ils voulaient se passer de l\u2019autorisation de l\u2019Institut des monuments de culture, organisme h\u00e9rit\u00e9 de la p\u00e9riode Hoxha qui avait \u00ab couvert \u00bb la d\u00e9gradation voire la destruction de bien des monuments historiques. En effet, apr\u00e8s la guerre, ces b\u00e2timents conventuels avaient \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s comme caserne par l\u2019arm\u00e9e puis d\u00e9truits \u00e0 son d\u00e9part. L\u2019institut ne pouvait pas d\u00e9livrer le permis de construire sur la base du projet remis. Il n\u2019avait pas non plus les moyens d\u2019offrir une quelconque alternative. Pour sortir de l\u2019impasse, PSF jouera les m\u00e9diateurs et finira par obtenir la r\u00e9vision du projet et permettre le commencement des travaux.<\/p>\n<p>Si, en raison de son isolement, Voskopoj\u00eb n\u2019a pas connu les destructions volontaires du patrimoine religieux observ\u00e9es ailleurs dans le pays, l\u2019\u00e9glise Sainte-Parasc\u00e8ve est tomb\u00e9e en ruine \u00e0 cause de l\u2019incurie et du stockage de produits chimiques et de denr\u00e9es alimentaires pendant la p\u00e9riode Hoxha. En juillet 2004, rapporte B. de Durfort, le patriarcat de Kor\u00e7a, qui par ailleurs faisait grief \u00e0 l\u2019Etat d\u2019avoir d\u00e9truit le patrimoine orthodoxe, \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 raser les restes de cette \u00e9glise pour en construire une autre flambant neuf. Il s\u2019est heurt\u00e9 \u00e0 l\u2019opposition de l\u2019Institut des monuments de culture qui invoquait la valeur de ces vestiges pour comprendre le site et l\u2019histoire de Voskopoj\u00eb [2].<\/p>\n<p>Sur le terrain, PSF a impuls\u00e9 d\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 2004 deux chantiers \u00e9coles anim\u00e9s par des \u00e9quipes compos\u00e9es pour moiti\u00e9 de chercheurs et \u00e9tudiants albanais. Des fouilles arch\u00e9ologiques furent entreprises sur les lieux o\u00f9 se trouvait jusque dans les ann\u00e9es 1920 l\u2019\u00e9glise Saint-Pierre (dans l\u2019absence de plans son emplacement fut rep\u00e9r\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9moire des habitants et \u00e0 la toponymie) tandis qu\u2019une partie des fresques de l\u2019\u00e9glise Saint-Athanase, peintes en 1744-1745 par les fr\u00e8res Zografi, furent restaur\u00e9es. Le compte rendu de ces chantiers est suivi dans le livre d\u2019une pr\u00e9sentation d\u00e9taill\u00e9e des fresques et d\u2019une analyse de leur place dans l\u2019art post-byzantin par l\u2019historienne d\u2019art allemande Karin Kirkhhainer. L\u2019\u00e9glise Saint-Athanase fait l\u2019objet de deux contributions portant, l\u2019une, sur la repr\u00e9sentation des textiles ottomans dans son d\u00e9cor (Delphine Mercier) et l\u2019autre sur l\u2019onomastique des Quarante Martyrs de S\u00e9baste repr\u00e9sent\u00e9s par les fr\u00e8res Zografi (Maximilien Durand).<\/p>\n<p>La publication de ce livre est annonc\u00e9e comme un des volets du programme de PSF. Elle a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par le documentaire \u00ab Il faut sauver Voskopoj\u00eb \u00bb diffus\u00e9 sur Arte le 10 septembre 2003 et par le reportage publi\u00e9 dans Le monde 2 dat\u00e9 du 3 septembre 2005 par Martine Valo sous le titre \u00ab Un petit coin de paradis en Albanie : Patrimoine sans fronti\u00e8res restaure une \u00e9glise en p\u00e9ril \u00bb ainsi que par plusieurs expositions pr\u00e9sentant en France les actions en cours. Dans tous ces cas une m\u00eame impression se d\u00e9gage : l\u2019int\u00e9r\u00eat pour les actions destin\u00e9es \u00e0 sauvegarder un bien patrimonial semble l\u2019emporter sur l\u2019int\u00e9r\u00eat pour le bien patrimonial lui-m\u00eame. Autrement dit, le bien patrimonial sert en quelque sorte de faire valoir aux actions entreprises pour le pr\u00e9server, actions dont le succ\u00e8s d\u00e9pend de l\u2019importance que l\u2019on conf\u00e8re \u00e0 ce bien patrimonial. Telle \u00e9tait d\u2019ailleurs l\u2019intention affich\u00e9e par les promoteurs de l\u2019op\u00e9ration et par ceux qui en ont rendu compte pour les encourager. Et c\u2019est compr\u00e9hensible : dans l\u2019urgence, et urgence il y a, vu la d\u00e9gradation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de Voskopoj\u00eb, il faut cr\u00e9er l\u2019\u00e9v\u00e9nement, et l\u2019\u00e9v\u00e9nement c\u2019est une ONG qui, avec le concours de l\u2019Europe, de ses commissions, de ses universit\u00e9s et de ses fondations, en partenariat avec les institutions albanaises, cherche \u00e0 se donner les moyens pour limiter les d\u00e9g\u00e2ts. Une telle d\u00e9marche appelle cependant quelques r\u00e9serves.<\/p>\n<p>Pour commencer, on fera remarquer que les fresques en cours de restauration pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat certain, comme le montre l\u2019\u00e9tude de K. Kirkhhainer, mais somme toute limit\u00e9, \u00e0 moins de les envisager comme un \u00e9l\u00e9ment parmi d\u2019autres de tout un ensemble architectural et urbanistique, aujourd\u2019hui disparu, et d\u2019un site g\u00e9ographique dont les quelque 110 hectares \u00e9taient peupl\u00e9s nagu\u00e8re par plus de dix mille habitants contre moins de mille aujourd\u2019hui [3]. D\u2019ailleurs, dans les deux autres contributions qui leurs sont consacr\u00e9es, ces fresques constituent plut\u00f4t le points de d\u00e9part (et d\u2019arriv\u00e9e) de d\u00e9veloppements et d\u2019interpr\u00e9tations qui vont bien au-del\u00e0 du sujet annonc\u00e9. La premi\u00e8re consiste avant tout en une histoire, instructive au demeurant, du textile ottoman, tandis que l\u2019auteur de la seconde proc\u00e8de \u00e0 une reconstitution savante des r\u00e9f\u00e9rences textuelles qui auraient influenc\u00e9 le traitement iconographique de la l\u00e9gende des Quarante Martyrs de S\u00e9baste repr\u00e9sent\u00e9e sur les parois des \u00e9glises Saint-Nicolas et Saint-Athanase. Une hom\u00e9lie de Basile de C\u00e9sar\u00e9e (330-379) fournirait, selon M. Durand, les cl\u00e9s n\u00e9cessaires pour interpr\u00e9ter la disposition des martyrs dans le d\u00e9cor des \u00e9glises de Voskopoj\u00eb [4].<\/p>\n<p>Les trois \u00e9tudes convergent en signalant, dans leur conclusion, la pr\u00e9sence \u00e0 Voskopoj\u00eb de riches classes marchandes, qui \u00e9taient en contact et sous l\u2019influence \u00e0 la fois de Constantinople et de Venise, arboraient de co\u00fbteuses \u00e9toffes r\u00e9serv\u00e9es d\u2019ordinaire aux \u00e9lites musulmanes et faisaient appel \u00e0 des artistes inspir\u00e9s davantage par les prestigieuses sources athonites que par les traditions locales. Mais qui sont-ils donc ces gens qui ont investi le site, l\u2019ont fait vivre dans une certaine opulence pendant plus d\u2019un si\u00e8cle pour l\u2019abandonner ensuite ? D\u2019o\u00f9 sortaient-ils, que sont-ils devenus ? Sur ce point, le lecteur reste sur sa faim. S\u2019agissant d\u2019un patrimoine \u00e0 pr\u00e9server, \u00e0 r\u00e9habiliter, on ne saurait en rester l\u00e0, \u00e0 moins de se contenter d\u2019informations \u00e0 caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral et de suggestions que chacun pourra interpr\u00e9ter \u00e0 sa guise. Etymologiquement, patrimoine veut dire &#8221; h\u00e9ritage du p\u00e8re \u201d, et, de toute fa\u00e7on, pour en savoir plus sur ce que l\u2019on h\u00e9rite il convient de regarder de plus pr\u00e8s du c\u00f4t\u00e9 de ceux dont on h\u00e9rite, quand bien m\u00eame le patrimoine en cause pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat universel.<\/p>\n<p>Dans l\u2019avant-propos de sa monographie sur l\u2019imprimerie de Voskopoj\u00eb, l\u2019historien autrichien Max Demeter Peyfuss pr\u00e9sente ainsi son sujet : \u201c des activit\u00e9s &#8211; int\u00e9ressant \u00e9galement la slavistique &#8211; d\u2019une imprimerie grecque, dans une ville aroumaine situ\u00e9e dans l\u2019actuelle Albanie \u00e0 l\u2019\u00e9poque ottomane \u201d [5]. En effet, malgr\u00e9 la faible documentation dont on dispose, on peut \u00e9tablir avec certitude que les Aroumains constituaient le gros de la population la ville, compos\u00e9e \u00e9galement de familles bulgares, grecques et albanaises &#8211; chr\u00e9tiennes mais pas musulmanes. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, il s\u2019agissait de la fraction de cette population d\u2019\u00e9leveurs semi-nomades (parlant une langue issue du latin depuis l\u2019administration romaine de la r\u00e9gion) qui avait abandonn\u00e9 le pastoralisme pour se consacrer au transport (les caravanes), \u00e0 l\u2019artisanat, \u00e0 l\u2019industrie et surtout au commerce. Lingua franca du commerce en ce temps, le grec \u00e9tait utilis\u00e9 dans les transactions (comme l\u2019indique la correspondance retrouv\u00e9e avec les marchands et les officiels de Venise, une des rares sources documentaires disponibles [6]) ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9glise et dans l\u2019instruction. Les ouvrages \u00e0 caract\u00e8re religieux sortis de l\u2019imprimerie portaient surtout sur les saints v\u00e9n\u00e9r\u00e9s dans le monde slave et refl\u00e9taient surtout les positions du patriarcat d\u2019Ohrid, qui avait pris ses distances par rapport au patriarcat oecum\u00e9nique de Constantinople, raison pour laquelle il a \u00e9t\u00e9 aboli en 1767.<\/p>\n<p>La ville de Voskopoj\u00eb, en aroumain Muscopuli, ne constitue pas \u00e0 proprement parler un cas \u00e0 part. A des altitudes similaires et d\u2019un acc\u00e8s tout aussi difficile, d\u2019autres bourgs prosp\u00e8res, que l\u2019on appelle en grec villages m\u00e9tropolitains, furent fond\u00e9s en Mac\u00e9doine et dans l\u2019Epire par des Aroumains, tel Metsovo (1160 m), en Gr\u00e8ce, qui connut un d\u00e9veloppement plus \u00e9quilibr\u00e9. Mais son essor tout aussi spectaculaire que sa chute lui vaudra d\u2019entrer dans la l\u00e9gende et de faire l\u2019objet d\u2019un v\u00e9ritable culte chez les Aroumains. Elle est le point de d\u00e9part et la r\u00e9f\u00e9rence privil\u00e9gi\u00e9e d\u2019un travail et d\u2019une r\u00e9flexion entam\u00e9s par plusieurs auteurs d\u00e8s la fin du XVIIIe si\u00e8cle sur la langue, l\u2019histoire, les origines et la place des Aroumains parmi les autres peuples du Sud-Est europ\u00e9en. En 1770 para\u00eet \u00e0 Venise un livre contenant notamment un lexique grec-aroumain-albanais. Son auteur avait auparavant enseign\u00e9 \u00e0 la Nouvelle Acad\u00e9mie de Voskopoj\u00eb et fait para\u00eetre deux autres livres dans l\u2019imprimerie de cette ville. En 1797, le responsable de la communaut\u00e9 grecque-orthodoxe de Poznan publie un ab\u00e9c\u00e9daire aroumain. Il se pr\u00e9sente comme \u201c moskopolitain \u201d tandis que l\u2019auteur, originaire de Monastir (aujourd\u2019hui Bitola), de l\u2019ouvrage sur l\u2019histoire des Aroumains et de leurs rapports avec les Roumains paru en 1808 \u00e0 Pest se donne comme titre Wallachus Voscopolitanus ex Macedonia. La premi\u00e8re grammaire de l\u2019aroumain para\u00eet \u00e0 Vienne en 1813. Assez pr\u00e9coce et en accord avec les id\u00e9es circulant en ce temps en Europe centrale mais pas encore dans les Balkans, cette r\u00e9flexion ne se traduira pas par l\u2019affirmation d\u2019un mouvement national structur\u00e9 sur le terrain, malgr\u00e9 quelques tentatives entreprises sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019Etat roumain \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle : la dispersion, la mobilit\u00e9, mais aussi les liens \u00e9troits avec le monde grec, en sont les principales causes. Toujours est-il que ce comportement sur le plan national sera pour quelque chose dans l\u2019image confuse que l\u2019on se fait de Voskopoj\u00eb et dans l\u2019embarras qui en d\u00e9coule lorsqu\u2019il s\u2019agit de retracer son histoire.<\/p>\n<p>Les Aroumains mis \u00e0 part, \u00e0 qui attribuer la \u201c paternit\u00e9 \u201d de Voskopoj\u00eb ? Les candidats ne manquent pas. Le grec \u00e9tait la langue du commerce, de la culture, de l\u2019Eglise. La ville s\u2019est retrouv\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des fronti\u00e8res modernes de l\u2019Albanie et l\u2019arri\u00e8re-pays \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 peupl\u00e9 surtout par les Albanais. Elle \u00e9tait proche du patriarcat d\u2019Ohrid, r\u00e9f\u00e9rence historique de l\u2019affirmation nationale des Bulgares puis des Mac\u00e9doniens slaves. Les Turcs eux-m\u00eames, bien qu\u2019ils n\u2019y aient jamais habit\u00e9, pourraient s\u2019en r\u00e9clamer puisqu\u2019elle a connu son heure de gloire sous l\u2019Empire ottoman. Le plus sage serait de rattacher la ville \u00e0 l\u2019histoire des uns et des autres, mais une telle conclusion ne saurait satisfaire aucun des discours nationaux ayant cours dans la r\u00e9gion. S\u2019agissant d\u2019un fond commun balkanique dont le champ est \u00e9tendu puisqu\u2019il recouvre des questions aussi diverses que le caf\u00e9 turc et les insurrections \u00ab mixtes \u00bb antiottomanes, la concurrence est rude, et chacun des discours nationaux s\u2019en r\u00e9clame comme si les autres n\u2019existaient pas et n\u2019\u00e9mettaient pas des pr\u00e9tentions similaires. Enfin, pas plus que Voskopoj\u00eb et ses richesses d\u2019antan ne rel\u00e8vent d\u2019un quelconque mirage, comme pourraient le laisser entendre les l\u00e9gendes qui circulent dans la r\u00e9gion \u00e0 leur sujet, les Aroumains ne sauraient \u00eatre tenus pour des fant\u00f4mes errant dans les Balkans depuis la chute de \u00ab leur \u00bb J\u00e9rusalem. En effet, si leur poids a d\u00e9clin\u00e9 et s\u2019ils ne sont pas toujours faciles \u00e0 identifier, les Aroumains sont toujours l\u00e0. Lors de la derni\u00e8re enqu\u00eate en date, on estimait leur nombre \u00e0 quelque 150.000 en Albanie et la moiti\u00e9 des habitants du village actuel de Voskopoj\u00eb sont aroumains. Dohri Falo, interlocuteur appr\u00e9ci\u00e9 des visiteurs \u00e9trangers et auteur de La Trag\u00e9die de Voskopoj\u00eb, ouvrage paru r\u00e9cemment en albanais et en aroumain [7], en fait partie. Inoffensifs a priori sur le plan national, les Aroumains demeurent donc suffisamment pr\u00e9sents pour porter ombrage aux revendications des autres. A quoi bon r\u00e9veiller une histoire qui risque de f\u00e2cher ? Une telle objection peut sembler d\u2019autant plus justifi\u00e9e que le sud de l\u2019Albanie, l\u2019Epire du Nord selon les Grecs, demeure une r\u00e9gion disput\u00e9e. Mieux vaudrait donc mettre en sourdine les sujets litigieux et s\u2019en tenir \u00e0 un certain flou qui somme toute arrange la plupart des acteurs concern\u00e9s, pourrait-on conclure.<\/p>\n<p>Pourtant, Voskopoj\u00eb embarrasse aussi pour une autre raison, plus profonde, rarement \u00e9voqu\u00e9e et pour cause. Par son essor et ses \u00ab performances \u00bb aux XVIIe-XVIIIe si\u00e8cles, la ville constitue un moment embl\u00e9matique dans l\u2019histoire des Balkans. Elle pr\u00e9figure, d\u2019une part, les Temps modernes : d\u00e9veloppement du commerce, p\u00e9n\u00e9tration des rapports marchands, introduction des valeurs europ\u00e9ennes, r\u00e9alisations culturelles prestigieuses, acc\u00e8s, pour certains, \u00e0 une prosp\u00e9rit\u00e9 et une respectabilit\u00e9 dont des pans entiers de la population \u00e9taient priv\u00e9s d\u2019office du temps des rigueurs impos\u00e9es par l\u2019Etat th\u00e9ocratique ottoman. D\u2019autre part, elle cl\u00f4t toute une \u00e9poque. En effet, les crit\u00e8res, les valeurs, les projets nationaux sont parfaitement absents \u00e0 Voskopoj\u00eb, comme dans les autres villages m\u00e9tropolitains de la r\u00e9gion ou encore dans bien d\u2019autres exp\u00e9riences novatrices que l\u2019on enregistre pendant les derniers si\u00e8cles de l\u2019administration ottomane des Balkans. Ce n\u2019est qu\u2019un si\u00e8cle apr\u00e8s la chute de la \u00ab Mecque \u00bb des Aroumains que l\u2019id\u00e9e nationale s\u2019imposera et finira par marquer la vision du monde et le comportement des habitants des Balkans. L\u2019histoire qu\u2019elle a marqu\u00e9e depuis a mobilis\u00e9 bien des \u00e9nergies sans tenir toujours ses promesses, surtout dans cette r\u00e9gion, \u00e0 en juger par le sous-d\u00e9veloppement et l\u2019isolement qui l\u2019ont caract\u00e9ris\u00e9e tout au long du XXe si\u00e8cle. Rappeler les r\u00e9alisations des habitants d\u2019une ville comme Voskopoj\u00eb, en reconstituer l\u2019histoire, c\u2019est dans un sens apporter un d\u00e9saveu \u00e0 cette histoire nationale, aujourd\u2019hui soumise \u00e0 rude \u00e9preuve. Source d\u2019embarras et de tensions, dans un sens, l\u2019histoire de Voskopoj\u00eb peut aussi rassembler ne serait-ce qu\u2019en rappelant des temps qui sont en quelque sorte de retour \u00e0 l\u2019heure de l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne. Elle constitue un pr\u00e9c\u00e9dent qui permet d\u2019ancrer dans un pass\u00e9 pas si lointain les dynamiques \u00e0 venir. Le tout r\u00e9cent int\u00e9r\u00eat pour le patrimoine de Voskopoj\u00eb, dont on ne peut que se f\u00e9liciter, n\u2019aurait pas \u00e0 en p\u00e2tir, bien au contraire.<\/p>\n<p>On ne saurait finir sur une note aussi optimiste. Principaux artisans de Voskopoj\u00eb, les Aroumains pourraient se pr\u00e9valoir d\u2019une certaine l\u00e9gitimit\u00e9 en en revendiquant l\u2019h\u00e9ritage dans la mesure o\u00f9 justement ils ne se sont pas constitu\u00e9s en nation. Mais, en attendant qu\u2019une ONG accoure au chevet des ethnies menac\u00e9es de disparition, ils exigent de plus en plus une place pour leur particularisme dans le patchwork balkanique. Or cela passe n\u00e9cessairement par l\u2019obtention de droits nationaux. A Kor\u00e7a, en octobre 2005, fut cr\u00e9\u00e9 un Comit\u00e9 national aroumain qui revendique un statut \u00e0 part et des droits sp\u00e9cifiques pour les Aroumains dans tous les pays des Balkans o\u00f9 ils vivent. D\u00e9cid\u00e9ment, l\u2019id\u00e9e de nation a encore de beaux jours devant elle et on ne saurait trancher \u00e0 la va-vite sur la question de savoir si l\u2019h\u00e9ritage de Voskopoj\u00eb est embarrassant ou non.<\/p>\n<p>NOTES<br \/>\n[1] Patrimoine des Balkans : Voskopoj\u00eb sans fronti\u00e8res, dir. Maximilien Durand, av.-pr. Genevi\u00e8ve Gallot ; publ. Patrimoine sans fronti\u00e8res, Paris, Somogy, 2005, 192 p.-XXIV pl., 35 euros.<\/p>\n<p>[2] Id. p. 29-30 et 23. A contempler les immenses croix dont on a affubl\u00e9 les pics des montagnes en R\u00e9publique de Mac\u00e9doine ou la toute r\u00e9cente cath\u00e9drale \u00e9rig\u00e9e au c\u0153ur de Kor\u00e7a, dont les tourelles ont un petit air de Disneyland, on se dit que l\u2019Eglise orthodoxe concurrence et sur leur propre terrain les wahhabites arriv\u00e9s dans les Balkans \u00e0 la faveur des conflits r\u00e9cents pour remettre sur le droit chemin leurs fr\u00e8res. En Bosnie, par exemple, ils ont fait raser de vieilles mosqu\u00e9es, class\u00e9es monuments historiques, pour en construire de nouvelles plus imposantes et plus conformes \u00e0 la puret\u00e9 (suppos\u00e9e) de la foi dont ils se r\u00e9clamaient.<\/p>\n<p>[3] Voskopoj\u00eb (emprise urbaine d\u2019environ 110 hectares) compte de nos jours moins de mille habitants (9 habitants\/hectare) contre quelque dix mille (90 \u00e0 100 habitants\/hectare) il y a deux cent cinquante ans, selon Guillaume de Monfreid, l\u2019architecte urbaniste conseil du projet PSF (id., p. 46).<\/p>\n<p>[4] \u201c L\u2019ensemble des Quarante Martyrs des \u00e9glises de Voskopoj\u00eb (&#8230;) s\u2019impose en mani\u00e8re de paradigme hagiographique de la communaut\u00e9 des fid\u00e8les \u201d, conclut M. Durand, qui enseigne l\u2019art byzantin et l\u2019iconographie chr\u00e9tienne \u00e0 l\u2019Ecole du Louvre et \u00e0 l\u2019INP (id., p.107).<\/p>\n<p>[5] Die Dr\u00fcckerei von Moschopolis, 1731-1769 : Buchdruck und Heiligenverehrung in Erzbistum Achrida, Wiener Archiv f\u00fcr Geschichte des Slawentums und Osteuropas, Vienne, Cologne, Weimar, 1989, p. IX. [6] Valeriu Papahagi, Arom\u00e2nii moscopoleni ?i comer ?ul vene ?ian \u00een secolele al XVIIlea ?i al XVIIIlea, Bucarest, 1935. [7] Tragjedia e nj\u00eb qyteti, Kor\u00e7a, 1988 ; Trayedia ali Muscopuli, Tirana, 2002.<\/p>\n<p>par Nicolas Trifon \u2013 les travaux de restauration en cours et  la question de l&#8217;h\u00e9ritage<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au d\u00e9part zone de campement des bergers semi-nomades qui sillonnaient le Pinde et les environs avec leurs familles et leurs troupeaux, situ\u00e9 \u00e0 une altitude de 1248 m, \u00e0 20 km de Kor\u00e7a, en Albanie, Voskopoj\u00eb (Moschopolis en grec) a connu un d\u00e9veloppement urbain assez exceptionnel aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles. 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